Contrôle des rayonnages d’entrepôt : ce que la norme NF EN 15635 impose vraiment
Sommaire de l’article9 sections
Le contrôle des rayonnages d’entrepôt repose sur la norme NF EN 15635 et sur la brochure ED 771 de l’INRS. En effet, ces textes prévoient une inspection experte annuelle et une surveillance visuelle régulière. Ainsi, chaque choc de chariot doit être signalé, classé et traité, faute de quoi la responsabilité de l’employeur est engagée.
- La norme NF EN 15635 encadre l’utilisation et la maintenance des systèmes de stockage en acier.
- Elle prévoit une inspection annuelle par une personne compétente, indépendante de l’exploitation quotidienne.
- Une surveillance visuelle interne, généralement hebdomadaire, complète ce contrôle expert.
- Les dommages se classent en trois niveaux — vert, orange, rouge — qui déterminent l’urgence de l’intervention.
- La norme n’a pas force de loi, mais l’obligation générale de sécurité de l’employeur la rend opposable.
Quel est le cadre du contrôle des rayonnages ?
Le contrôle des rayonnages s’appuie sur deux références complémentaires. D’abord, la norme NF EN 15635 définit les règles d’utilisation et de maintenance des structures de stockage en acier. Ensuite, la brochure ED 771 de l’INRS traduit ces règles en recommandations pratiques. En effet, les caisses régionales et le CISMA ont participé à son élaboration.
Ces documents servent de référence en cas de litige. Par ailleurs, ils s’appliquent aux entrepôts, aux usines et aux plateformes logistiques.
Autrement dit, dès qu’un engin de manutention circule entre des racks, le sujet vous concerne.
À quelle fréquence contrôler les rayonnages ?
Le contrôle des rayonnages obéit à deux rythmes qui ne se remplacent pas. Ainsi, une inspection experte intervient au moins une fois par an. En effet, elle est confiée à une personne techniquement compétente, indépendante de l’exploitation quotidienne du site. Ensuite, une surveillance visuelle interne, souvent hebdomadaire, revient à un référent désigné.
| Type de contrôle | Qui le réalise | Fréquence |
|---|---|---|
| Inspection experte | Personne compétente, extérieure à l’exploitation | 1 fois par an |
| Inspection visuelle interne | Référent sécurité désigné | Hebdomadaire |
| Signalement immédiat | Cariste ou magasinier | À chaque choc |
Le troisième niveau est le plus décisif. En effet, le cariste voit le choc que personne d’autre ne verra. C’est pourquoi la culture du signalement compte davantage que la fréquence des audits.
Quels points le contrôle des rayonnages examine-t-il ?
Le contrôle des rayonnages porte sur la structure, sa géométrie et ses assemblages. Ainsi, l’expert relève les dommages sur les montants d’échelles, les lisses, les poteaux et les bras de cantilever. Ensuite, il mesure les écarts de verticalité des montants et l’horizontalité des lisses. Enfin, il contrôle les embases, les goupilles de sécurité et les soudures.
Un point est souvent négligé. En effet, la plaque de charge doit correspondre à la configuration réellement installée. Par exemple, un niveau ajouté ou déplacé modifie la capacité admissible. De ce fait, une plaque obsolète invalide toute la logique de chargement.
Comment classer un dommage constaté ?
Après un contrôle des rayonnages, le classement en trois couleurs guide l’urgence de la réponse. Ainsi, il évite les décisions au cas par cas et les arbitrages improvisés. Voici la logique retenue par la norme.
- Vert : dommage mineur, à surveiller lors des prochaines inspections.
- Orange : dommage sérieux, déchargement du niveau et réparation à programmer rapidement.
- Rouge : dommage critique, déchargement immédiat, condamnation de la zone et remplacement.
- Traçabilité : consignez chaque constat, la décision prise et la date de remise en service.
La tentation du bricolage guette. Toutefois, un montant redressé ou soudé sur place perd ses caractéristiques d’origine. Par conséquent, le remplacement par une pièce d’origine reste la seule réponse fiable.
Vos caristes déclarent-ils les chocs ? La formation CACES R489 traite la conduite en allée, la vitesse et le respect des structures. Organisez une session.
Quels rayonnages sont concernés par le contrôle ?
Le contrôle des rayonnages vise toutes les structures de stockage en acier desservies par un engin. Ainsi, les racks à palettes classiques arrivent en tête, suivis des rayonnages à accumulation. Ensuite, les cantilevers, qui portent des charges longues, exigent la même vigilance. Enfin, les plateformes et mezzanines de stockage entrent également dans le champ.
Le stockage léger n’échappe pas à la règle. En effet, une étagère de picking heurtée par un transpalette perd sa stabilité comme un rack lourd. De plus, les zones de préparation concentrent les manœuvres et les chocs. Par conséquent, mieux vaut cartographier l’ensemble des installations avant de programmer une inspection.
Un dernier cas mérite attention. Notamment, les rayonnages installés en extérieur subissent la corrosion en plus des chocs. Ainsi, leur inspection intègre l’état des ancrages et des platines au sol.
Le contrôle des rayonnages est-il obligatoire ?
Le contrôle des rayonnages ne découle pas d’un texte réglementaire dédié. En effet, la norme NF EN 15635 n’a pas, en elle-même, force de loi. Cependant, l’employeur reste tenu d’assurer la sécurité et de protéger la santé de ses salariés. Ainsi, l’article L.4121-1 du Code du travail fonde cette obligation générale. De ce fait, le non-respect de la norme se retourne contre l’entreprise en cas d’accident.
Trois leviers rendent le contrôle incontournable. D’abord, l’intégration au document unique matérialise l’évaluation du risque. Ensuite, la responsabilité pénale du chef d’entreprise peut être engagée. Enfin, l’assurance peut opposer l’inobservation des règles de l’art.
Quel lien avec la conduite des chariots ?
La quasi-totalité des dommages relevés lors d’un contrôle des rayonnages provient de la manutention. En effet, un choc de fourche, une palette mal engagée ou une vitesse excessive en allée suffisent. Ainsi, la prévention commence au poste de conduite, pas au moment de l’audit. De plus, le CACES R489 évalue précisément la maîtrise de ces gestes.
Certaines catégories exposent davantage. Par exemple, le chariot à mât rétractable travaille en allée étroite, au plus près des montants. Nos formations CACES R489 couvrent les catégories 1A à 6. Par ailleurs, notre article sur la circulation entre piétons et chariots complète le sujet.
Formez vos caristes à la conduite en allée et à la protection des structures de stockage.
Demander un devis gratuitBeaucoup de chocs relevés lors de ces inspections tiennent à une allure inadaptée en allée : notre article sur la vitesse de circulation d’un chariot en entrepôt traite de la limite à fixer et de la façon de la faire respecter.
Faut-il tenir un registre des inspections ?
Un registre d’inspection s’impose en pratique. Ainsi, il rassemble les rapports, les constats de dommages, les décisions et les preuves de réparation. En effet, sans trace écrite, l’entreprise ne peut démontrer sa diligence. De plus, l’archivage facilite le suivi des zones qui se dégradent régulièrement.
Ce registre rejoint les autres documents de sécurité. Par exemple, il se range avec les rapports de vérification générale périodique des chariots. Notre article sur le registre de sécurité et la traçabilité détaille cette organisation.
Questions fréquentes
Qui peut réaliser l’inspection annuelle ?
Une personne techniquement compétente, indépendante de l’exploitation quotidienne du site. Ainsi, il peut s’agir d’un prestataire spécialisé ou d’un salarié formé d’un autre établissement. En effet, l’indépendance vise à éviter l’autocontrôle par ceux qui exploitent les rayonnages au jour le jour.
Un rack neuf doit-il être contrôlé la première année ?
Oui. En effet, les premiers mois révèlent souvent des défauts de montage ou d’ancrage. De plus, la mise en service s’accompagne d’une prise en main par les caristes, période où les chocs sont les plus fréquents.
Que faire d’un montant tordu ?
Déchargez le niveau concerné, condamnez la zone et faites remplacer la pièce. En effet, un montant déformé a perdu sa capacité de reprise de charge. Ainsi, ni le redressage ni la soudure ne rétablissent ses caractéristiques d’origine.
La plaque de charge est-elle obligatoire ?
Elle est indispensable à l’exploitation sûre de l’installation. Ainsi, elle indique les charges admissibles par niveau et par alvéole selon la configuration montée. En effet, sans cette information, aucun magasinier ne peut vérifier qu’il reste dans les limites prévues.
Le contrôle des rayonnages entre-t-il dans la VGP ?
Non, le contrôle des rayonnages et la VGP forment deux régimes distincts. En effet, la vérification générale périodique concerne les appareils de levage, dont les chariots élévateurs. En revanche, les rayonnages relèvent de la norme NF EN 15635 et de l’obligation générale de sécurité.
Faut-il protéger les pieds d’échelle ?
C’est fortement conseillé dans les zones de circulation. Ainsi, sabots de protection, butées et guides au sol limitent les conséquences d’un contact. Par ailleurs, ces protections ne dispensent pas du contrôle : elles réduisent la gravité, pas la fréquence des chocs.
Vous êtes entre de bonnes mains : Qualiopi, testeur habilité INRS, formations CACES en centre ou sur site.
Demander un devis gratuitSources et références : INRS — ED 771, rayonnages métalliques ; AFNOR — norme NF EN 15635 ; Légifrance — article L.4121-1 du Code du travail ; INRS — ED 766, chariots automoteurs de manutention. Réglementation à jour en août 2026. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


