Chutes de plain-pied en entrepôt : le premier risque, et le plus négligé
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Les chutes de plain-pied arrivent en tête du volume d’accidents dans la plupart des entrepôts. En effet, l’INRS les classe au deuxième rang des accidents du travail, tous secteurs confondus. Ainsi, un risque banal en apparence pèse plus lourd que le chariot élévateur, mais reste rarement traité comme tel.
- L’INRS place ce risque au deuxième rang des accidents du travail.
- Ainsi, l’article R4224-3 exige des sols fixes, stables et non glissants.
- En effet, l’article R4223-4 impose 60 lux dans les entrepôts et les escaliers.
- Par ailleurs, le DUERP doit nommer la zone exacte, pas le risque en général.
- Enfin, la chaussure antidérapante agit en dernier, jamais en premier.
Qu’appelle-t-on exactement une chute de plain-pied ?
Une chute de plain-pied désigne la perte d’équilibre d’une personne qui se déplace sur une même surface. Ainsi, la glissade, le trébuchement et le faux pas appartiennent tous à cette famille. En effet, aucune dénivellation notable n’intervient, à la différence d’une chute de hauteur. Par conséquent, le risque paraît anodin, ce qui explique sa sous-estimation durable.
L’INRS classe pourtant ces accidents au deuxième rang de la sinistralité. En effet, l’institut leur attribue une trentaine de décès au travail chaque année. Ensuite, la gravité tient au point d’impact, souvent la tête, l’épaule ou le poignet. Toutefois, la représentation collective y voit encore une maladresse individuelle.
Pourquoi ce risque arrive-t-il en tête des accidents d’entrepôt ?
L’entrepôt réunit toutes les conditions favorables à ce type d’accident. Ainsi, les déplacements y sont permanents, chargés et souvent chronométrés. En effet, un préparateur de commandes parcourt plusieurs kilomètres par poste. Par conséquent, l’exposition se mesure en heures de marche, non en gestes isolés.
La densité des flux aggrave encore le tableau. Ainsi, piétons, transpalettes et chariots partagent les mêmes allées. Ensuite, le regard reste capté par l’étiquette, l’écran du terminal ou la charge portée. C’est pourquoi l’obstacle au sol échappe à l’attention jusqu’au dernier instant.
Le sol de l’entrepôt suffit-il à expliquer les glissades ?
Le revêtement explique une part des accidents, jamais leur totalité. Ainsi, l’article R4224-3 du Code du travail exige des sols fixes, stables et non glissants. En effet, ce texte proscrit également les bosses, les trous et les plans inclinés dangereux. Toutefois, un sol conforme redevient glissant dès qu’une souillure s’y dépose.
La glissade sur sol mouillé illustre bien ce basculement. En effet, l’INRS rappelle que la souillure abaisse le coefficient de frottement entre la semelle et le revêtement. Ensuite, le passage entre deux surfaces de glissance différente crée un autre point de rupture. Par conséquent, un nettoyage fréquent pèse plus lourd qu’un changement de dallage.
Quel rôle joue l’encombrement des allées et le film étirable ?
L’encombrement des allées produit l’obstacle que personne n’attend. Ainsi, une palette débordante, un cerclage abandonné ou une cale oubliée suffisent à déclencher la chute. En effet, ces déchets naissent du travail lui-même, à chaque déconditionnement. Par conséquent, leur évacuation relève de l’organisation, non de la bonne volonté.
Le film étirable mérite une attention particulière. En effet, il colle à la semelle, se déroule sous le pied et bloque la cheville. Ensuite, les câbles, flexibles et sangles au sol produisent exactement le même effet. C’est pourquoi une benne à déchets par poste de filmage vaut mieux qu’une consigne générale d’ordre et de propreté. Notre article sur le contrôle annuel des rayonnages traite de l’autre source d’obstacles, celle qui vient de la structure.
Les quais de chargement concentrent-ils les chutes de plain-pied ?
Oui, les quais cumulent les contraintes qui font tomber. Ainsi, le sol y est mouillé, encombré et souvent en léger dénivelé. En effet, la circulation des piétons y croise celle des chariots et des camions. Par conséquent, cette zone mérite un traitement distinct dans l’évaluation des risques.
Les transitions entre intérieur et extérieur y sont permanentes. En effet, la pluie, le gel et la boue entrent avec les roues et les semelles. Ensuite, les niveleurs de quai créent des ressauts que l’habitude finit par masquer. Notre article sur le protocole de sécurité au chargement précise le partage des rôles avec le transporteur.
Combien de lux faut-il dans un entrepôt et ses circulations ?
Le Code du travail fixe des minima mesurés au plan de travail ou, à défaut, au sol. Ainsi, l’article R4223-4 impose 60 lux dans les entrepôts et les escaliers. En effet, les voies de circulation intérieures descendent à 40 lux, tandis que les locaux de travail montent à 120 lux. Par conséquent, un bâtiment éclairé au strict minimum reste conforme sans être sûr.
Ces valeurs constituent un plancher de sécurité, non un objectif. Ainsi, l’article R4223-5 impose d’adapter l’éclairement à la précision du travail réellement exécuté. En effet, lire une étiquette en allée étroite demande bien davantage. Ensuite, l’empoussièrement des luminaires fait chuter le niveau réel sans que personne le mesure.
Les chaussures de sécurité règlent-elles le problème ?
Non, la chaussure intervient en dernier recours, après le sol et l’organisation. Ainsi, des chaussures de sécurité antidérapantes réduisent le risque de glissade sans jamais le supprimer. En effet, leur performance dépend du couple semelle-revêtement et de l’usure réelle. Par conséquent, un modèle unique pour tout un site donne rarement satisfaction.
La fourniture et l’entretien restent gratuits pour le salarié. Ainsi, l’article R4323-95 du Code du travail met cette charge à la main de l’employeur. Ensuite, le remplacement suit l’usure de la semelle, non le calendrier budgétaire. Notre checklist des obligations EPI de l’employeur détaille ce partage.
Que doit acter le DUERP sur les chutes de plain-pied ?
Le document unique d’évaluation des risques doit nommer le danger, pas le diluer. Ainsi, les chutes de plain-pied y figurent unité de travail par unité de travail. En effet, le quai, l’allée de picking et le poste d’emballage n’exposent pas de la même façon. Par conséquent, une ligne générique ne résiste pas à un contrôle.
L’évaluation gagne à s’appuyer sur les faits internes. Ainsi, le registre des accidents bénins révèle les presque-accidents que personne ne déclare. Ensuite, une cartographie des zones humides ou encombrées complète utilement le tableau. Notre guide du document unique et de son actualisation précise ce que le vôtre doit contenir.
Vos équipes voient-elles encore le danger ? Un risque devenu familier cesse d’être perçu, et c’est exactement là qu’il frappe. Faisons le point sur vos formations sécurité.
Mesures organisationnelles ou EPI : par quoi commencer ?
L’organisation prime, conformément aux principes généraux de prévention. Ainsi, l’article L4121-2 du Code du travail place l’action à la source avant la protection individuelle. En effet, supprimer la flaque vaut mieux que la contourner. Par conséquent, l’équipement individuel comble seulement ce que l’organisation ne résout pas.
| Mesure | Niveau d’action | Effet attendu | Délai réaliste |
|---|---|---|---|
| Reprendre un revêtement dégradé | Suppression du danger | Élimine la cause | Investissement planifié |
| Nettoyer et baliser sans délai | Organisation | Réduit la durée d’exposition | Immédiat |
| Évacuer films et cerclages au poste | Organisation | Supprime l’obstacle | Immédiat |
| Relever l’éclairement des allées | Protection collective | Rend l’obstacle visible | Quelques semaines |
| Doter en chaussures antidérapantes | Protection individuelle | Limite la glissade résiduelle | À chaque dotation |
Cet ordre n’a rien de théorique. En effet, une dotation de chaussures neuves sur un sol resté troué déplace le problème sans le traiter. Ensuite, le salarié constate l’inefficacité et se démobilise. C’est pourquoi la séquence compte autant que les mesures elles-mêmes.
Quel lien entre circulation des chariots et chutes de plain-pied ?
La circulation des chariots transforme une chute banale en accident grave. Ainsi, un salarié à terre dans une allée devient invisible depuis le poste de conduite. En effet, la charge portée masque déjà une partie du champ de vision du cariste. Par conséquent, séparer les flux traite les deux risques d’un seul geste.
Le plan de circulation constitue donc la mesure commune. Ainsi, allées piétonnes matérialisées, portillons et miroirs servent les deux causes à la fois. Ensuite, les sens uniques réduisent les manœuvres en marche arrière. Notre article sur l’organisation des flux entre piétons et chariots détaille ce montage.
Un salarié qui trébuche déclare-t-il un accident du travail ?
Oui, la chute reste un accident du travail dès qu’elle survient au temps et au lieu du travail. Ainsi, l’employeur la déclare à la caisse primaire dans le délai réglementaire. En effet, l’absence de lésion visible ne dispense d’aucune formalité. Toutefois, un événement sans arrêt ni soin peut rejoindre le registre des accidents bénins.
Le coût apparaît ensuite sur la cotisation. Ainsi, un accident grave pèse sur le taux AT/MP de l’établissement pendant plusieurs exercices. Ensuite, la répétition des petits événements alimente le même compteur. Notre analyse du poids d’un accident sur la tarification détaille ce mécanisme.
Comment bâtir un plan d’action contre les chutes de plain-pied ?
Un plan efficace tient en quelques étapes courtes, reprises chaque année. Ainsi, l’observation du terrain précède toute décision d’achat. En effet, les salariés connaissent les points noirs bien avant l’expert. Par conséquent, la séquence ci-dessous produit des résultats rapides et peu coûteux.
- Relever les lieux réels — d’abord, notez où le personnel a glissé, trébuché ou failli tomber.
- Photographier les zones — ensuite, datez chaque cliché pour mesurer l’évolution dans six mois.
- Trier par niveau d’action — puis, distinguez ce qui relève du bâtiment, de l’organisation et de la dotation.
- Traiter l’immédiat le jour même — en effet, un balisage et un coup de raclette ne se planifient pas.
- Inscrire au document unique — ainsi, chaque zone identifiée rejoint l’unité de travail concernée.
- Rendre compte au CSE — enfin, présentez le suivi des mesures et les accidents évités.
FORMAFORCE® by EGS forme les équipes d’entrepôt aux référentiels CACES R482 à R490, au SST, à l’AIPR et à l’habilitation électrique. Ainsi, le CACES R489 des chariots élévateurs démarre à partir de 250 €, et le R485 des gerbeurs à partir de 250 €. En outre, l’organisme est certifié Qualiopi et testeur habilité INRS, avec les accréditations AFNOR K-109287 et COFRAC 4-0001. Enfin, le financement passe par votre OPCO, par France Travail ou par une subvention prévention de la CARSAT, jamais par le CPF.
Un sol propre et une allée dégagée coûtent moins cher qu’une seule fracture du poignet.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Une chute de plain-pied peut-elle être grave ?
Oui, et c’est le malentendu principal sur ce risque. Ainsi, l’INRS lui attribue une trentaine de décès au travail chaque année. En effet, la tête, l’épaule et le poignet encaissent l’essentiel du choc. Par conséquent, la banalité de la cause ne dit rien de la conséquence.
Faut-il baliser une flaque avant le nettoyage ?
Oui, le balisage protège pendant le temps où le danger subsiste. Ainsi, l’INRS recommande de signaler la zone dès le renversement constaté. En effet, quelques minutes suffisent pour qu’un salarié traverse sans regarder. Toutefois, le balisage ne remplace jamais le nettoyage lui-même.
Qui décide du choix des chaussures antidérapantes ?
L’employeur choisit, après consultation du CSE et avis du service de santé au travail. Ainsi, le choix tient compte du revêtement, des souillures et des tâches réelles. En effet, un essai sur site vaut mieux qu’une fiche technique. Ensuite, la dotation se renouvelle selon l’usure constatée.
Les chutes de plain-pied entrent-elles dans le calcul du taux AT/MP ?
Oui, dès qu’un arrêt de travail ou une incapacité permanente en découle. Ainsi, le coût moyen de la catégorie concernée alimente le taux de l’établissement. En effet, la tarification suit le sinistre, pas sa cause apparente. Par conséquent, un risque jugé mineur pèse durablement.
Un intérimaire est-il plus exposé aux chutes de plain-pied ?
Oui, car il découvre les lieux et leurs points noirs en même temps que le travail. Ainsi, l’accueil au poste doit inclure le repérage des zones glissantes et encombrées. En effet, le Code du travail impose une formation renforcée à la sécurité. Ensuite, l’entreprise utilisatrice en porte la responsabilité.
Quel éclairement minimal impose le Code du travail dans un entrepôt ?
Le minimum est de 60 lux pour les entrepôts et les escaliers. Ainsi, l’article R4223-4 descend à 40 lux pour les voies de circulation intérieures. En effet, les locaux de travail exigent 120 lux, et les voies extérieures 10 lux. Toutefois, ces valeurs restent des planchers de sécurité.
Sources et références : INRS — chutes de plain-pied, cadre réglementaire, INRS — mesures de prévention, Code du travail, article R4224-3, Code du travail, article R4223-4 (Légifrance). Réglementation à jour en septembre 2025. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


