Piqué par une seringue dans un sac de déchets : que faire dans l’heure ?
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Face à un accident d’exposition au sang, l’agent quitte son poste, ne fait pas saigner la plaie, la lave puis la désinfecte au moins 5 minutes. Ensuite, il prend un avis médical dans l’heure. En effet, seul un médecin évalue le risque infectieux et décide d’un éventuel traitement.
- Premiers soins selon l’INRS : ne pas faire saigner, laver, rincer, désinfecter au moins 5 minutes.
- Avis médical dans l’heure pour évaluer le risque, notamment VIH, hépatite B et hépatite C.
- Traitement anti-VIH éventuel : au mieux dans les 4 heures, jusqu’à 48 heures au plus tard.
- Piqûre avec seringue abandonnée : traitement anti-VIH non recommandé selon HAS, ANRS et CNS 2024.
- Chez FORMAFORCE®, la formation SST démarre à partir de 150 €.
Qu’appelle-t-on un accident d’exposition au sang ?
Un accident d’exposition au sang, ou AES, est tout contact avec du sang ou un liquide biologique contenant du sang. Selon l’affiche INRS A 775, ce contact survient lors d’une piqûre ou d’une coupure avec un objet contaminé, d’un contact sur peau lésée, ou d’une projection sur une muqueuse : œil, bouche, nez.
La définition ne se limite pas aux hôpitaux. Ainsi, une seringue cachée dans un sac de déchets ménagers suffit à provoquer un accident d’exposition au sang. Par ailleurs, certains liquides non visiblement souillés de sang restent considérés comme potentiellement contaminants. Notre article sur le saignement abondant au travail traite, lui, la victime qui saigne.
Que faire dans les premières minutes après la piqûre ?
La conduite immédiate tient en quatre gestes, selon la brochure INRS ED 6335 consacrée aux centres de tri. D’abord, l’agent quitte son poste et alerte le sauveteur secouriste du travail. Ensuite, il ne fait pas saigner la plaie. Puis il la nettoie immédiatement à l’eau et au savon, rince et désinfecte. Enfin, il informe sa hiérarchie.
Après un accident d’exposition au sang, le réflexe de presser la plaie est donc à proscrire, car l’INRS l’écarte explicitement. De même, une projection sur une muqueuse se rince abondamment, au moins 5 minutes, au sérum physiologique ou à défaut à l’eau. Par ailleurs, le guide SST de l’INRS range la piqûre accidentelle avec un matériel de soin parmi les mécanismes de plaie grave. Pour cette raison, la trousse de secours d’un site exposé mérite un antiseptique choisi avec le médecin du travail.
Avec quoi désinfecter la plaie, et combien de temps ?
La désinfection dure au moins 5 minutes, par immersion ou contact. L’affiche INRS A 775 cite le Dakin, ou l’eau de Javel à 2,6 % de chlore actif diluée au 1/5e. À défaut, elle mentionne la polyvidone iodée en solution dermique ou l’alcool à 70°. Ainsi, le produit se prévoit avant l’accident d’exposition au sang, pas pendant.
La fiche EFICATT de l’INRS consacrée au VIH, mise à jour en septembre 2025, privilégie aussi un produit chloré. Toutefois, chaque entreprise adapte cette liste avec son médecin du travail. En effet, le guide des données techniques SST de l’INRS renvoie à l’antiseptique préconisé par ce médecin pour les soins de plaie.
| Moment | Ce que fait l’agent ou l’entreprise | Source |
|---|---|---|
| En urgence | Quitter le poste, ne pas faire saigner, laver, rincer, désinfecter au moins 5 minutes | INRS A 775 et ED 6335 |
| Dans l’heure | Prendre un avis médical aux urgences ou au service de santé au travail | INRS A 775 et ED 6335 |
| Au mieux dans les 4 heures | Débuter un traitement post-exposition, s’il est prescrit | INRS, fiche EFICATT VIH |
| Au plus tard 48 heures | Limite de mise en route du traitement anti-VIH | INRS, fiche EFICATT VIH |
| Dans les 24 heures | Informer la hiérarchie, déclarer l’accident, informer le médecin du travail | INRS A 775 |
| Dans les 48 heures | Déclaration d’accident du travail par l’employeur, hors dimanches et jours fériés | Assurance Maladie |
Pourquoi prendre un avis médical dans l’heure ?
L’avis médical dans l’heure sert à évaluer le risque infectieux, notamment VIH, hépatite B et hépatite C. Selon l’INRS, le médecin tient compte du type d’exposition, du statut sérologique de la personne source si on le connaît, et de l’immunité de l’agent. Surtout, un éventuel traitement post-exposition est d’autant plus efficace qu’il débute tôt.
La fiche EFICATT VIH fixe cette fenêtre : au mieux dans les 4 premières heures, et jusqu’à 48 heures au plus tard. Pour aider le médecin, la brochure ED 6335 conseille d’apporter la photo de l’objet en cause, le type d’EPI porté et la description des premiers soins. Par conséquent, l’agent ne part jamais les mains vides.
Une seringue abandonnée justifie-t-elle un traitement anti-VIH ?
Le plus souvent, non : le traitement anti-VIH n’est pas recommandé après une piqûre avec une seringue abandonnée. La fiche EFICATT de l’INRS reprend sur ce point les recommandations HAS, ANRS et CNS de 2024, quel que soit le statut de la personne source. De même, l’INRS juge exceptionnelle une telle prescription dans le contexte du tri des déchets.
La consultation après un accident d’exposition au sang reste pourtant indispensable. En effet, selon la brochure ED 6335, le médecin vérifie l’immunisation contre l’hépatite B et propose une vaccination en son absence. Par ailleurs, un rappel antitétanique peut être prescrit si l’objet était souillé par de la terre. Enfin, un prélèvement sanguin sert de base à un éventuel suivi.
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Quels métiers connaissent l’exposition au sang au travail hors des soins ?
L’exposition au sang au travail dépasse largement les soignants. Selon la fiche EFICATT VIH de l’INRS, elle concerne plus rarement les personnes au contact d’objets piquants ou tranchants souillés : secouristes, gardiens de prison, personnels de la filière déchets, policiers, tatoueurs. En outre, la fiche mentionne deux cas anciens de contamination professionnelle, chez un chauffeur de collecte de déchets d’activités de soins et chez un éboueur.
Les agents de tri figurent au premier rang de ce risque méconnu. En effet, l’INRS indique que les salariés postés sur les chaînes de tri de déchets ménagers risquent d’être piqués par des seringues. De ce fait, les métiers du recyclage et de la gestion des déchets intègrent ce danger à leur évaluation des risques.
Comment déclarer un AES au travail ?
Un AES au travail se déclare comme tout accident du travail. D’abord, le salarié informe son employeur dans un délai de 24 heures, selon l’Assurance Maladie. Ensuite, l’employeur effectue la déclaration dans les 48 heures, hors dimanches et jours fériés. Dans le même délai de 24 heures, l’affiche INRS demande aussi d’informer le médecin du travail.
La déclaration protège l’agent si une contamination apparaissait plus tard. C’est pourquoi le médecin consulté remet un certificat médical initial d’accident du travail, selon la brochure ED 6335. Ensuite, les ordonnances du suivi éventuel l’accompagnent. Enfin, le service de santé au travail peut apporter un soutien psychologique face à l’anxiété de l’attente.
Que faire de la seringue découverte sur le tapis de tri ?
La seringue découverte impose l’arrêt du tapis, systématiquement, même si l’objet paraît facile à évacuer. Selon la brochure ED 6335, le chef d’équipe prélève les déchets d’activités de soins avec une pince ou une pelle et une spatule. Jamais à la main, même gantée, car aucun gant ne protège à 100 % contre les piqûres.
- Arrêter — stoppez le tapis dès que l’objet est repéré.
- Chercher — repérez posément d’autres objets et les documents associés.
- Prélever — saisissez l’objet avec une pince ou une pelle et une spatule.
- Photographier — prenez l’objet près d’une règle, étiquettes et documents lisibles.
- Conditionner — déposez-le dans un emballage rigide pour déchets piquants ou coupants.
- Relancer — remettez le tapis en route seulement après le prélèvement complet.
- Enregistrer — remplissez la fiche d’enregistrement d’incident avec les photos.
Cette fiche d’enregistrement d’incident réunit date, heure, poste, EPI portés, nature de l’accident et provenance supposée. Ainsi, l’entreprise mesure l’efficacité de ses mesures et peut parfois remonter au producteur du déchet. Par ailleurs, l’INRS recommande un éclairage d’au moins 500 lux au poste de tri.
Les gants protègent-ils vraiment d’une piqûre avec une seringue au travail ?
Non, aucun gant ne protège complètement contre les objets à bout pointu comme les aiguilles, prévient l’INRS. Toutefois, en cas de piqûre à travers le gant, celui-ci « essuie » l’aiguille. De ce fait, il réduit la charge de micro-organismes potentiellement présents. Le gant limite donc la gravité, sans supprimer le risque.
La brochure ED 6335 détaille l’équipement des agents de tri. D’une part, des vêtements couvrant les bras, le corps et les jambes. D’autre part, des chaussures de sécurité résistant aux perforations et des gants répondant à la norme NF EN 388, avec des niveaux élevés de résistance. Néanmoins, la prévention commence en amont, par la régulation du flux sur le tapis.
Comment préparer la conduite à tenir avant le premier accident ?
La conduite à tenir en cas d’accident d’exposition au sang se rédige avec le médecin du travail, avant tout accident. Selon l’INRS, ce médecin se rapproche au préalable d’un service d’urgences ouvert 24 heures sur 24. Ensuite, la consigne s’affiche près des postes exposés. Enfin, tout le personnel, même temporaire, reçoit l’information dès la formation initiale, puis régulièrement.
Le sauveteur secouriste du travail joue ici un double rôle. D’abord, il applique les premiers soins. Ensuite, il se protège lui-même : en cas de contact avec le sang d’une victime, le guide INRS lui demande de suivre le protocole du médecin du travail, sinon de consulter immédiatement. Notre article sur le SST, acteur de prévention prolonge ce point.
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Une piqûre bien prise en charge, c’est une consigne écrite, affichée et connue avant l’accident.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Faut-il presser la plaie pour faire sortir le sang ?
Non, l’INRS demande de ne pas faire saigner la plaie. En revanche, l’agent la nettoie immédiatement à l’eau et au savon, puis rince. Ensuite, il désinfecte pendant au moins 5 minutes. Enfin, il prend un avis médical dans l’heure qui suit l’accident.
Un accident d’exposition au sang est-il un accident du travail ?
Oui, lorsqu’il survient au travail, il se déclare comme tel. D’ailleurs, l’affiche INRS A 775 place la déclaration dans les 24 heures. Par ailleurs, la fiche EFICATT VIH prévoit une déclaration d’accident du travail selon les circonstances d’exposition. Ainsi, l’agent reste couvert pour la suite.
Le secouriste qui soigne un blessé risque-t-il un accident d’exposition au sang ?
Oui, c’est pourquoi le guide INRS lui demande de porter des gants à usage unique. À défaut, il interpose un plastique ou glisse sa main dans un sac imperméable. En cas de contact avec le sang, il suit le protocole du médecin du travail, sinon il consulte immédiatement.
Faut-il conserver la seringue responsable de la piqûre ?
La brochure INRS ED 6335 recommande surtout de la photographier, idéalement encore dans la pelle. Ensuite, l’objet rejoint un emballage rigide pour déchets piquants ou coupants. En effet, la photo aide le médecin à estimer le danger. Ainsi, personne ne manipule l’aiguille inutilement.
Un intérimaire du centre de tri doit-il connaître la procédure ?
Oui, selon l’INRS, tout le personnel, même temporaire, est informé des risques et de la procédure en cas d’AES. Cette information intervient lors de la formation initiale préalable à la prise de poste. Ensuite, elle se renouvelle à une fréquence définie par l’encadrement.
Les pauses influencent-elles le risque de piqûre sur le tapis ?
L’INRS relie la vigilance de l’agent de tri à son rythme de récupération. Ainsi, la brochure ED 6335 recommande une pause de 5 minutes toutes les heures pour les manipulations à fréquence élevée. Sinon, elle propose 15 minutes toutes les 2 heures, à adapter à chaque entreprise.
Sources et références : INRS, affiche A 775, conduite à tenir en cas d’accident avec exposition au sang, INRS, fiche EFICATT Infection à VIH, mise à jour 09/2025, INRS, ED 6335, centres de tri et déchets à risques infectieux, Assurance Maladie, démarches en cas d’accident du travail. Réglementation à jour en septembre 2025. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


