Ouvrier assis sur un banc de base vie, main sur la poitrine, collègue au téléphone à côté
SST

Douleur thoracique au travail : pourquoi on n’attend jamais que « ça passe »

10 min de lecture Par l’équipe pédagogique FORMAFORCE®
Sommaire de l’article11 sections

Une douleur thoracique au travail ne se discute pas : on met la personne au repos et on fait appeler le 15. En effet, selon l’Assurance Maladie, toute douleur au thorax nécessite un avis médical. Ainsi, le « ça va passer » du salarié ne remplace jamais la décision du médecin régulateur.

À retenir
  • Selon l’Assurance Maladie, toute douleur au niveau du thorax nécessite un avis médical.
  • Une douleur de plus de cinq minutes qui ne cède pas au repos impose le 15 ou le 112.
  • Le SST met la victime au repos, la questionne et suit les conseils des secours.
  • Le médecin régulateur décide de l’orientation, pas l’intéressé ni son chef.
  • Un malaise au temps et au lieu de travail est présumé accident du travail (article L. 411-1).

Pourquoi ne jamais minimiser une douleur thoracique au travail ?

Une douleur thoracique au travail peut révéler une urgence vitale, le plus souvent cardiaque ou vasculaire, selon l’Assurance Maladie. Elle cite l’infarctus du myocarde, l’embolie pulmonaire et, beaucoup plus rarement, la dissection de l’aorte. Or l’infarctus exige une prise en charge urgente : plus le traitement commence tôt, plus son ampleur reste limitée.

L’Assurance Maladie pose d’ailleurs un principe simple : toute douleur au niveau du thorax nécessite un avis médical. Par conséquent, l’entourage n’a pas à trier entre douleur banale et douleur grave. En revanche, il doit savoir reconnaître les signes qui imposent l’appel immédiat. C’est tout l’objet des lignes qui suivent.

Quelle douleur dans la poitrine au travail réclame un appel immédiat ?

Une douleur brutale, intense, qui « serre » la poitrine, réclame un appel immédiat au 15 ou au 112. Selon l’Assurance Maladie, l’alerte vaut aussi lorsque la douleur dure plus de cinq minutes et ne disparaît pas au repos. Elle vaut encore si la douleur s’étend vers la mâchoire, les bras, le dos, le cou ou l’abdomen.

Plusieurs signes associés renforcent l’urgence. Ainsi, l’Assurance Maladie cite l’essoufflement, la pâleur, les lèvres bleues, les sueurs, les nausées et les vertiges. En outre, un pouls irrégulier, des palpitations ou un trouble de la conscience complètent ce tableau. Lorsque plusieurs signes se cumulent, il s’agit d’une urgence vitale.

« Ça va passer » : pourquoi l’avis du salarié ne suffit-il pas ?

L’avis du salarié ne suffit pas, parce qu’un infarctus du myocarde peut se présenter de façon trompeuse. En effet, l’Assurance Maladie décrit des formes atypiques, ressenties comme une gêne du creux de l’estomac d’allure digestive. De plus, l’infarctus survient parfois sans douleur, surtout chez les femmes, les personnes âgées et les diabétiques.

Dans ces formes, l’Assurance Maladie cite un malaise, un essoufflement soudain, une fatigue inexpliquée ou des sensations inhabituelles dans le bras gauche. Selon elle, ces symptômes durent souvent plus de cinq minutes. Ainsi, devant une situation claire ou incertaine, la consigne reste identique : appeler le 15 ou le 112. Le doute suffit à justifier l’appel.

Le refus de l’intéressé ne change donc rien à la démarche. Cependant, le secouriste explique plutôt qu’il n’impose. Il présente l’appel comme une simple demande d’avis, ce qu’il est réellement. Notre article sur les signes d’un AVC au travail traite l’autre grande urgence du malaise brutal.

Que fait le secouriste face à une douleur thoracique en entreprise ?

Le sauveteur secouriste du travail applique la conduite à tenir devant une victime qui se plaint de malaise. Ainsi, l’aide-mémoire INRS ED 4085 demande d’observer les signes, en particulier ceux d’un accident cardiaque. Ensuite, le secouriste met la victime au repos, l’écoute et la questionne. Enfin, il suit les conseils donnés par les secours.

L’aide-mémoire fixe deux résultats à atteindre : éviter l’aggravation et prendre un avis médical. Par ailleurs, il prévoit d’aider la victime, à sa demande, à prendre un médicament. Par exemple, l’Assurance Maladie mentionne la trinitrine chez une personne traitée pour angine de poitrine. Toutefois, le secouriste ne propose aucun médicament de sa propre initiative.

La présence du secouriste compte autant que ses gestes. En effet, l’aide-mémoire demande de réconforter et de surveiller la victime jusqu’à sa prise en charge. De ce fait, le salarié ne reste jamais seul, ni dans un vestiaire, ni dans une cabine d’engin.

Quel bilan transmettre au médecin régulateur ?

Le médecin régulateur a besoin d’un bilan précis pour évaluer l’état de la personne, selon l’Assurance Maladie. Ainsi, l’appelant décrit les signes qui l’ont alerté, avec l’intensité et la localisation de la douleur. Ensuite, il donne l’heure de début, le mode d’installation des symptômes et leur évolution : disparition, stabilisation ou aggravation.

L’appelant indique aussi son numéro de téléphone, son nom et celui du malade. Par ailleurs, il précise l’adresse exacte, l’étage et le code d’accès éventuel. Enfin, il ne raccroche pas avant que le régulateur ne le lui demande. Notre fiche sur le message d’alerte en entreprise fournit une trame réutilisable.

L’aide-mémoire ED 4085 ajoute les actions déjà engagées et le nombre de victimes. En outre, il demande d’envoyer une personne au-devant des secours pour guider leur accès. Sur un chantier ou un site logistique, ce guide évite aux secours de chercher l’accès.

ActeurSon rôleCe qu’il ne fait pas
Salarié qui a malDécrit ses symptômes et ses traitementsDécider seul que « ça va passer »
Sauveteur secouristeRepos, questions, surveillance, aide au médicament demandéPoser un diagnostic
Témoin désignéAppelle le 15 ou le 112, guide les secoursRaccrocher le premier
Médecin régulateurÉvalue, envoie une équipe ou orienteLaisser l’entourage trancher
EmployeurOrganise les secours, déclare l’accidentÉcarter lui-même le caractère professionnel

Douleur dans la poitrine au travail : pourquoi ni volant ni retour seul ?

Laisser partir seul un salarié qui souffre de la poitrine revient à trancher à la place du médecin régulateur. En effet, l’Assurance Maladie précise que celui-ci envoie une équipe médicale lorsque le risque d’infarctus est confirmé ou douteux. Sinon, il peut orienter vers un médecin de garde. Dans les deux cas, l’orientation lui revient.

Aucun texte consulté ne fixe de règle propre au retour à domicile ou à la reprise d’un engin. Cependant, l’aide-mémoire demande de suivre les conseils donnés par les secours. Par conséquent, ni l’encadrement ni l’intéressé ne décident d’une reprise de poste, d’un trajet en voiture ou d’un retour seul avant cet avis.

Qui, sur votre site, saurait passer ce bilan au 15 ? Nos formateurs SST entraînent vos équipes à l’alerte et à la surveillance, sur des cas proches de vos postes. Parlons de votre organisation des secours.

Que préparer si l’état du salarié s’aggrave ?

Un infarctus du myocarde peut se compliquer d’un arrêt cardiaque, rappelle l’Assurance Maladie. Ainsi, la personne perd connaissance, ne réagit plus et sa respiration disparaît ou devient très irrégulière. Dans ce cas, l’aide-mémoire ED 4085 prévoit la réanimation cardio-pulmonaire et la mise en œuvre du défibrillateur le plus tôt possible.

Anticiper cette bascule consiste surtout à savoir où se trouve le défibrillateur et qui peut le rapporter. En revanche, rien ne justifie de le poser sur une victime consciente. Notre article sur la chaîne de survie au travail détaille ces gestes. Par ailleurs, notre fiche sur le défibrillateur en entreprise fait le point sur l’équipement.

Un malaise cardiaque au travail est-il un accident du travail ?

Un malaise cardiaque au travail bénéficie d’une présomption d’imputabilité lorsqu’il survient au temps et au lieu du travail. En effet, la Cour de cassation l’a rappelé le 11 juillet 2019, au visa de l’article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale. Selon cet arrêt n° 18-19.160, la présomption ne tombe que si la lésion a une cause totalement étrangère au travail.

Service Public cite d’ailleurs le malaise cardiaque survenu pendant l’exécution d’une tâche parmi les exemples d’accident du travail. Toutefois, la qualification peut être écartée pour un problème de santé personnel. Dans ce cas, la preuve incombe à l’employeur ou à la caisse. Notre article sur la déclaration d’accident du travail précise les délais et les réserves.

Que doit organiser l’employeur avant la première alerte ?

L’employeur organise les premiers secours après avis du médecin du travail, selon l’article R4224-16 du Code du travail. Ces mesures, prises en liaison avec les services de secours extérieurs, figurent dans un document tenu à la disposition de l’inspection du travail. Ainsi, la conduite à tenir face à une douleur thoracique au travail y trouve sa place.

La présence de secouristes est obligatoire dans chaque atelier où s’effectuent des travaux dangereux, rappelle l’INRS au titre de l’article R4224-15. Il en va de même sur un chantier de 20 personnes au moins pendant plus de 15 jours, avec travaux dangereux. Notre article sur le nombre de secouristes à prévoir détaille ces seuils.

Quelle procédure suivre face à une douleur thoracique au travail ?

Une douleur thoracique au travail se traite en six étapes, de la mise au repos jusqu’au relais médical. Ainsi, l’appel au 15 intervient tôt, sans attendre que la douleur cède. En effet, l’avis médical constitue l’un des deux résultats à atteindre. Par conséquent, aucune étape ne se négocie avec la victime.

  1. Arrêter l’activité — d’abord, faites cesser tout effort et immobiliser l’engin ou la machine.
  2. Mettre au repos — ensuite, installez la personne au calme, sans la laisser seule.
  3. Questionner — puis, relevez l’heure de début, la localisation et l’évolution de la douleur.
  4. Faire alerter — faites composer le 15 ou le 112 et transmettez ce bilan.
  5. Préparer l’accès — envoyez quelqu’un au-devant des secours et repérez le défibrillateur.
  6. Surveiller — enfin, réconfortez la victime et suivez les conseils du régulateur.

FORMAFORCE® by EGS forme au sauvetage secourisme du travail, en centre ou sur votre site. Ainsi, la formation SST dure 2 jours, soit 14 heures, à partir de 150 €, et le certificat vaut 24 mois. En outre, l’organisme est certifié Qualiopi et testeur habilité INRS, avec les accréditations AFNOR K-109287 et COFRAC 4-0001. Enfin, le financement passe par votre OPCO ou le plan de développement des compétences, jamais par le CPF.

Face à une douleur dans la poitrine, un appel de trop ne coûte rien.

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Questions fréquentes

Une douleur thoracique au travail qui disparaît justifie-t-elle le 15 ?

Selon l’Assurance Maladie, toute douleur au thorax nécessite un avis médical. Ainsi, une douleur qui cède ne clôt pas la question. En effet, le médecin régulateur pose lui-même les questions utiles, puis oriente vers la bonne prise en charge.

Peut-on conduire soi-même le collègue aux urgences ?

Aucun texte consulté ne tranche ce point. Cependant, l’aide-mémoire SST demande de suivre les conseils des secours. Par conséquent, le transport se décide avec le médecin régulateur, qui peut envoyer une équipe médicale sur place.

Une douleur thoracique au travail est-elle forcément cardiaque ?

Non. L’Assurance Maladie cite aussi l’embolie pulmonaire et, plus rarement, d’autres causes. Toutefois, l’entourage n’a pas à distinguer ces origines. En effet, seul un examen médical, notamment l’électrocardiogramme, permet d’orienter le diagnostic.

Le secouriste doit-il donner de l’aspirine ?

Non, l’aide-mémoire SST ne prévoit aucun médicament donné à l’initiative du secouriste. Ainsi, il aide seulement la victime à prendre son propre traitement, si elle le demande. Par ailleurs, le médecin régulateur peut donner des directives au téléphone.

L’employeur peut-il émettre des réserves sur un malaise cardiaque ?

Oui, l’Assurance Maladie admet des réserves motivées, jointes à la déclaration ou envoyées dans les 10 jours. Toutefois, la Cour de cassation exige de prouver une cause totalement étrangère au travail. En effet, l’absence de stress professionnel ne suffit pas.

Combien de temps reste valable le certificat SST ?

Le certificat de sauveteur secouriste du travail vaut 24 mois. Ainsi, une formation de maintien et d’actualisation des compétences s’impose tous les 24 mois, rappelle l’aide-mémoire INRS. Par ailleurs, la formation initiale dure 14 heures en présentiel.

Sources et références : INRS — aide-mémoire Sauvetage secourisme du travail (ED 4085), Assurance Maladie — reconnaître une douleur thoracique urgente, Cour de cassation, 2e chambre civile, 11 juillet 2019, n° 18-19.160 (Légifrance), Service Public — qu’est-ce qu’un accident du travail ?. Réglementation à jour en septembre 2025. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.

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