Entorse au travail : faire remarcher, mettre de la glace ou attendre les secours ?
Sommaire de l’article11 sections
Face à une entorse au travail, le secouriste ne fait pas remarcher le salarié et ne manipule pas l’articulation. En effet, l’aide-mémoire SST de l’INRS demande de ne pas bouger la partie atteinte et de respecter la position prise. Ensuite, l’accident se déclare comme tout accident du travail.
- Le SST demande à la victime de ne pas bouger la partie atteinte et évite toute manipulation.
- L’aide-mémoire SST ne prévoit ni glace, ni bandage, ni médicament face à un traumatisme.
- Selon l’Assurance Maladie, une entorse de la cheville se consulte dans les 24 heures si certains signes apparaissent.
- L’employeur déclare l’accident dans les 48 heures, hors dimanches et jours fériés.
- Chez FORMAFORCE®, la formation SST démarre à partir de 150 €.
Que faire face à une entorse au travail dans les premières minutes ?
Face à une entorse au travail, le secouriste applique la conduite à tenir devant une douleur qui empêche certains mouvements. Ainsi, l’aide-mémoire INRS ED 4085 demande à la victime de ne pas bouger la partie atteinte. Ensuite, il faut éviter toute manipulation intempestive et respecter la position prise par la victime. Le résultat visé est d’éviter l’aggravation.
Les actions complémentaires sont simples. D’abord, le secouriste couvre la victime. Ensuite, il la réconforte et la surveille jusqu’à sa prise en charge par les secours. Enfin, la protection de la zone précède tout cela : un chariot qui circule près d’un quai reste un danger persistant.
Cette fiche vaut pour tout traumatisme d’un membre, sans distinguer entorse, luxation ou fracture. En effet, le secouriste n’a pas les moyens de faire ce tri. Notre article sur la suspicion de fracture après un accident d’engin traite le cas d’un traumatisme plus violent.
Faut-il faire remarcher le salarié pour tester sa cheville ?
Non, faire remarcher un salarié blessé contredit directement l’aide-mémoire SST, qui demande de ne pas bouger la partie atteinte. Par ailleurs, l’Assurance Maladie conseille d’arrêter immédiatement l’activité et de garder la cheville au repos. Selon elle, la poursuite d’une activité ne peut qu’aggraver les lésions.
Le « test » de la marche n’apporte d’ailleurs aucune certitude. En effet, l’Assurance Maladie décrit trois stades d’entorse de la cheville, de l’étirement à la rupture de plusieurs faisceaux du ligament. Dans les formes graves, la douleur est immédiate et violente, parfois syncopale. De ce fait, un salarié qui « arrive à poser le pied » n’est pas pour autant hors de danger.
Faut-il mettre de la glace sur une entorse de la cheville ?
L’aide-mémoire SST ne prévoit ni glace, ni bandage, ni médicament face à un traumatisme d’un membre. Sa conduite à tenir se limite à immobiliser dans la position prise, couvrir, réconforter et surveiller. Par conséquent, le secouriste ne pose rien de sa propre initiative, même si la demande vient de l’entourage.
L’Assurance Maladie, elle, s’adresse à la personne blessée. Elle lui conseille, en attendant de consulter, le froid, le repos, l’élévation et une compression douce. Ces conseils visent l’autosoin du blessé, pas la conduite à tenir du secouriste. En entreprise, le contenu de la trousse relève du médecin du travail, rappelle l’INRS dans sa question-réponse QR 80.
Le secouriste peut donc suivre les conseils donnés par les secours, qui peuvent aller dans ce sens. Notre guide sur le contenu de la trousse de secours précise qui décide de ce qu’elle contient.
| Réflexe envisagé | Position de la source | Décision du secouriste |
|---|---|---|
| Faire remarcher pour tester | ED 4085 : ne pas bouger la partie atteinte | Non |
| Remettre une articulation déboîtée | ED 4085 : éviter toute manipulation intempestive | Non |
| Poser de la glace | Absent de l’aide-mémoire, conseillé par l’Assurance Maladie au blessé | Seulement sur conseil des secours |
| Donner un antalgique | Absent de la conduite face à un traumatisme | Non |
| Couvrir, réconforter, surveiller | ED 4085 : actions complémentaires | Oui |
Pourquoi ne jamais remettre en place une luxation ?
Une luxation, c’est-à-dire une articulation déboîtée, ne se remet jamais en place par un collègue ou un secouriste. En effet, l’aide-mémoire ED 4085 demande d’éviter toute manipulation intempestive et de respecter la position prise par la victime. Ainsi, le membre reste dans la position choisie par la victime, jusqu’aux secours.
Le secouriste ne peut pas savoir ce que cache la déformation. Par exemple, l’Assurance Maladie signale que certaines entorses de la cheville s’accompagnent de fractures ou d’arrachements osseux. De ce fait, toute tentative de réduction expose à aggraver une lésion qu’aucun examen n’a encore identifiée. Seul un médecin pose ce diagnostic.
Qui organise le transport du blessé ?
Aucun texte consulté ne fixe le mode de transport d’un salarié blessé vers une consultation. En revanche, l’article R4224-16 du Code du travail impose des mesures de premiers secours prises après avis du médecin du travail. Ces mesures, établies en liaison avec les secours extérieurs, figurent dans un document tenu à disposition de l’inspection du travail.
Le transport du blessé se décide donc selon cette organisation, et avec les secours lorsqu’ils sont alertés. En effet, l’aide-mémoire SST demande de suivre les conseils qu’ils donnent. Par conséquent, ni le chef d’équipe ni un collègue ne décident seuls d’un trajet en voiture personnelle. Le salarié ne reprend pas non plus un engin pour rejoindre le parking.
Quand une entorse au travail impose-t-elle une consultation ?
L’Assurance Maladie recommande de consulter dans les 24 heures après une torsion de la cheville lorsque certains signes apparaissent. Elle cite une douleur intense, parfois avec une impression d’évanouissement, et l’impossibilité de poursuivre la marche. En outre, un gonflement près de la malléole externe, qui s’étend ensuite, figure parmi ces signes.
Un claquement ou un craquement entendu au moment du traumatisme compte aussi, selon la même source. De même, l’impossibilité de prendre appui sur le pied ou de faire quelques pas sans douleur justifie la consultation. Ainsi, une entorse au travail qui semble bénigne sur le moment peut réclamer un examen le jour même.
Vos équipes de quai savent-elles ce qu’il ne faut pas faire ? Nos formateurs SST travaillent les traumatismes de membre sur des situations proches de vos postes. Organisons une session sur votre site.
Une cheville tordue au travail est-elle un accident du travail ?
Une cheville tordue au travail constitue un accident du travail dès lors qu’elle résulte d’un événement soudain, daté et survenu à l’occasion du travail. D’ailleurs, Service Public prend l’exemple d’un salarié qui trébuche sur un câble en portant un carton et se tord la cheville. Le salarié informe l’employeur dans la journée, au plus tard dans les 24 heures.
L’employeur déclare ensuite l’accident à la caisse primaire dans les 48 heures, sans compter le dimanche et les jours fériés. En outre, il remet au salarié une feuille d’accident, qui ouvre la prise en charge des soins sans avance de frais. Selon Service Public, l’absence de déclaration expose à 750 € d’amende pour une personne physique et 3 750 € pour une personne morale.
Notre article sur les délais de déclaration et les réserves motivées détaille la suite de la procédure.
Le registre des accidents bénins suffit-il pour une entorse ?
Le registre des accidents bénins ne concerne que les accidents sans arrêt de travail ni soins médicaux pris en charge par la Sécurité sociale, selon l’INRS. Ainsi, une entorse au travail qui conduit à consulter hors de l’entreprise sort de ce cadre. Dans ce cas, l’employeur établit une déclaration d’accident du travail.
L’inscription au registre intervient dans les 48 heures, hors dimanches et jours fériés. Toutefois, l’INRS conseille une déclaration classique en cas d’incertitude sur la lésion. Par ailleurs, sans registre ouvert dans l’entreprise, tout accident, même bénin, se déclare. Notre article sur les conditions du registre des accidents bénins détaille son fonctionnement.
Comment prévenir les entorses en descendant d’un quai ?
La prévention part des facteurs que cite l’Assurance Maladie : un sol en mauvais état ou irrégulier, des chaussures instables, mal adaptées ou usées. Elle mentionne aussi les troubles de la coordination liés à la fatigue ou à l’alcool. Ainsi, l’employeur agit d’abord sur les circulations et les accès, puis sur l’équipement.
Le secouriste a ici un rôle de prévention, selon l’aide-mémoire ED 4085. En effet, il repère les situations dangereuses et les relaie aux personnes chargées de la prévention. Notre dossier sur les chutes de plain-pied en entrepôt détaille les mesures, et celui sur le quai de chargement traite ses équipements.
Quelle procédure suivre face à une entorse au travail ?
Une entorse au travail se gère en six étapes, de la protection de la zone jusqu’à la déclaration. Ainsi, les gestes de secours précèdent toujours les formalités. En effet, la conduite à tenir vise d’abord à éviter l’aggravation. Par conséquent, cette séquence mérite d’être connue des équipes de quai et de leurs encadrants.
- Protéger — d’abord, faites arrêter les chariots et balisez la zone autour du blessé.
- Immobiliser — ensuite, demandez au salarié de ne pas bouger et respectez sa position.
- Ne rien manipuler — ne faites pas remarcher, ne remettez aucune articulation en place.
- Faire alerter — puis, appliquez l’organisation des secours et suivez leurs conseils.
- Couvrir et surveiller — réconfortez la victime jusqu’à sa prise en charge.
- Déclarer — enfin, déclarez l’accident sous 48 heures ou inscrivez-le au registre si les conditions sont réunies.
FORMAFORCE® by EGS forme au sauvetage secourisme du travail, en centre ou sur votre site. Ainsi, la formation SST dure 2 jours, soit 14 heures, à partir de 150 €, et le certificat vaut 24 mois. En outre, l’organisme est certifié Qualiopi et testeur habilité INRS, avec les accréditations AFNOR K-109287 et COFRAC 4-0001. Enfin, le financement passe par votre OPCO ou le plan de développement des compétences, jamais par le CPF.
Sur un quai, le bon réflexe face à une cheville tordue est souvent de ne rien faire de plus.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Peut-on retirer la chaussure de sécurité après une entorse au travail ?
L’aide-mémoire SST demande d’éviter toute manipulation intempestive et de respecter la position prise. Ainsi, le secouriste ne retire rien de sa propre initiative. En revanche, il suit les conseils des secours, qui décident de la suite.
Le salarié veut finir son poste : peut-on le laisser faire ?
L’Assurance Maladie conseille d’arrêter immédiatement l’activité, car sa poursuite aggrave les lésions. Par ailleurs, l’aide-mémoire SST demande de ne pas bouger la partie atteinte. Par conséquent, l’encadrement retire le salarié de son poste.
Une luxation se soigne-t-elle comme une entorse ?
Pour le secouriste, la conduite à tenir est identique : ne pas bouger, ne rien manipuler, surveiller. En effet, l’aide-mémoire traite ensemble les traumatismes d’un membre. Toutefois, le traitement relève ensuite d’un médecin, seul capable de distinguer les lésions.
Qui remplit la déclaration si l’employeur ne le fait pas ?
Selon Service Public, le salarié peut déclarer lui-même l’accident à sa caisse primaire ou à la MSA. Il dispose pour cela d’un délai de 2 ans. Cependant, l’obligation de déclarer sous 48 heures reste celle de l’employeur, sous peine d’amende.
Une entorse au travail peut-elle être inscrite au registre des accidents bénins ?
Oui, si elle n’entraîne ni arrêt de travail ni soins médicaux pris en charge. Toutefois, l’INRS précise qu’une consultation ultérieure hors de l’entreprise impose alors une déclaration. Ainsi, l’employeur peut mentionner l’inscription initiale au registre.
Combien de temps reste valable le certificat SST ?
Le certificat de sauveteur secouriste du travail vaut 24 mois. Ainsi, une formation de maintien et d’actualisation des compétences s’impose tous les 24 mois, rappelle l’aide-mémoire INRS. Par ailleurs, la formation initiale dure 14 heures en présentiel.
Sources et références : INRS — aide-mémoire Sauvetage secourisme du travail (ED 4085), Assurance Maladie — entorse de la cheville, que faire et quand consulter, Service Public — réagir en cas d’accident du travail, INRS — le registre des accidents du travail bénins. Réglementation à jour en août 2025. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


