Évacuation incendie : guide-file, serre-file et équipier de première intervention
Sommaire de l’article12 sections
L’évacuation incendie repose sur une consigne écrite, des rôles désignés et des exercices tenus tous les six mois. Ainsi, l’article R4227-39 du Code du travail fixe cette périodicité et impose un registre. En effet, l’INRS rappelle que deux entreprises sur trois ne se relèvent pas après un incendie majeur.
- Les exercices et essais périodiques ont lieu au moins tous les six mois.
- Ainsi, leur date et les observations sont consignées sur un registre de sécurité.
- Par ailleurs, la consigne de sécurité incendie comporte huit mentions obligatoires.
- En effet, le Code du travail parle de personnes chargées de diriger l’évacuation.
- Enfin, les termes guide-file et serre-file viennent de la pratique, pas du texte.
Que doit organiser l’employeur face au risque incendie ?
L’employeur prend les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu, dans l’intérêt du sauvetage des travailleurs. Ainsi, l’article R4227-28 du Code du travail pose ce principe général. En effet, il couvre aussi bien les moyens matériels que l’organisation humaine.
Trois volets se déduisent de cette obligation. Tout d’abord, la détection et l’alarme, qui déclenchent le mouvement. Ensuite, l’évacuation elle-même, avec des personnes désignées pour la diriger. Enfin, la première intervention sur un départ de feu, tant que le risque reste maîtrisable.
Les conséquences dépassent largement le bilan humain. Par conséquent, l’INRS souligne des conséquences socio-économiques indirectes très élevées : perte de clients, chômage technique, incertitude sur l’activité. De ce fait, l’évacuation incendie relève autant de la continuité d’activité que de la sécurité.
À quelle fréquence organiser un exercice d’évacuation ?
Les exercices et essais périodiques ont lieu au moins tous les six mois. Ainsi, l’article R4227-39 fixe cette périodicité sans ambiguïté. En effet, le même texte impose que leur date et les observations auxquelles ils ont donné lieu soient consignées sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail.
Le contenu de l’exercice est également décrit. Par conséquent, les travailleurs y apprennent à reconnaître les caractéristiques du signal sonore d’alarme générale, à localiser et à utiliser les espaces d’attente sécurisés ou équivalents, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les diverses manoeuvres nécessaires.
Deux erreurs reviennent souvent. Tout d’abord, prévenir l’ensemble du personnel à l’avance, ce qui fausse le résultat. Ensuite, se contenter du chronomètre, alors que l’intérêt réside dans les observations écrites.
Autrement dit, un exercice d’évacuation sans compte rendu ne prouve rien.
Que doit contenir la consigne de sécurité incendie ?
La consigne de sécurité incendie est un document affiché de manière très apparente, qui organise la réaction collective. Ainsi, l’article R4227-37 impose son affichage dans chaque local dont l’effectif dépasse cinq personnes. En effet, l’article R4227-38 en détaille ensuite huit mentions obligatoires.
Ces mentions couvrent le matériel et les personnes. Par exemple, elle indique le matériel d’extinction et de secours présent, les personnes chargées de le mettre en action, et surtout, pour chaque local, les personnes chargées de diriger l’évacuation des travailleurs et éventuellement du public.
| Mention | Contenu exigé | Article |
|---|---|---|
| Matériel | Extinction et secours du local | R4227-38, 1° |
| Mise en action | Personnes chargées du matériel | R4227-38, 2° |
| Direction de la sortie | Personnes dirigeant l’évacuation | R4227-38, 3° |
| Handicap | Espaces d’attente sécurisés | R4227-38, 4° |
| Alerte | Moyens et personnes désignées | R4227-38, 5° et 6° |
| Secours extérieurs | Adresse et numéro apparents | R4227-38, 7° |
Le huitième point mérite une lecture attentive. En effet, il rappelle le devoir, pour toute personne apercevant un début d’incendie, de donner l’alarme et de mettre en oeuvre les moyens de premier secours, sans attendre l’arrivée des travailleurs spécialement désignés. Ainsi, personne ne peut se retrancher derrière l’absence du référent.
Guide-file, serre-file, coordinateur : qui fait quoi ?
Le Code du travail ne nomme pas ces fonctions. En effet, il vise seulement les personnes chargées de diriger l’évacuation des travailleurs. Cependant, la pratique professionnelle et l’INRS ont fixé un vocabulaire précis, regroupé sous le terme d’équipiers d’évacuation.
Trois rôles se distinguent nettement. Ainsi, le guide-file dirige les personnes vers la sortie sécurisée la plus proche. Ensuite, le serre-file vérifie que l’ensemble des personnes a bien évacué, ou répertorie celles qui ont rejoint un espace d’attente sécurisé. Enfin, le coordinateur d’évacuation centralise les informations destinées aux services de secours.
La répartition doit couvrir toute la surface et tous les horaires. Par conséquent, une désignation unique ne suffit pas dès qu’il existe des équipes postées, des congés et des absences. Autrement dit, prévoyez des suppléants, faute de quoi l’évacuation incendie repose sur une seule personne.
| Rôle | Mission principale | Moment d’action |
|---|---|---|
| Guide-file | Conduire vers la sortie la plus proche | Dès l’alarme |
| Serre-file | Vérifier que le local est vide | En dernier |
| Coordinateur | Centraliser et informer les secours | Au rassemblement |
| Équipier de première intervention | Attaquer un départ de feu | Avant propagation |
| Sauveteur secouriste du travail | Secourir les victimes | Après mise en sécurité |
Qu’est-ce qu’un équipier de première intervention ?
Un équipier de première intervention est un salarié formé pour attaquer un départ de feu avec les moyens disponibles, extincteurs et robinets d’incendie armés. Ainsi, l’INRS précise qu’il intervient de manière coordonnée, en renfort de la personne qui a donné l’alarme. En effet, son action précède l’arrivée des secours publics.
Attention à une confusion fréquente sur le sigle. Par ailleurs, les mêmes lettres désignent aussi les équipements de protection individuelle, ce qui brouille les consignes écrites. Notre rappel sur les obligations de fourniture et de vérification des équipements de protection lève l’ambiguïté.
D’autres niveaux existent au-delà de la première intervention. Par exemple, les équipiers de seconde intervention mettent en oeuvre des moyens d’extinction plus importants sur les sites à risques. Cependant, l’INRS réserve l’appellation de pompiers d’entreprise aux équipes exclusivement dédiées à cette activité.
Comment se déroule une évacuation incendie réussie ?
Une évacuation incendie réussie se joue en quelques minutes, sur des automatismes construits à l’avance. Ainsi, chaque étape a un responsable identifié et un point de contrôle. En effet, l’improvisation collective produit systématiquement des attroupements et des retours en arrière.
- Donner l’alarme — d’abord, toute personne apercevant un début de feu déclenche le signal sans attendre.
- Alerter les secours — ensuite, la personne désignée appelle les sapeurs-pompiers et précise l’adresse exacte.
- Guider vers la sortie — par conséquent, le guide-file conduit son groupe vers l’issue sécurisée la plus proche.
- Vérifier les locaux — en effet, le serre-file contrôle bureaux, vestiaires et sanitaires avant de fermer les portes.
- Rejoindre le rassemblement — ainsi, chacun gagne le point de rassemblement prévu par la consigne.
- Recenser les présents — puis, le coordinateur compare les effectifs et signale toute absence.
- Accueillir les secours — enfin, une personne guide les sapeurs-pompiers et transmet le bilan.
La reprise d’activité obéit à la même rigueur. Cependant, personne ne rentre avant l’autorisation explicite du responsable désigné. Notre trame sur le message d’alerte aux secours en entreprise structure la deuxième étape.
Votre dernier exercice remonte à plus de six mois ? Sans registre à jour, l’organisation reste invérifiable en cas de contrôle. Nos conseillers font le point avec vous lors d’un échange sans engagement.
Où placer le point de rassemblement et comment recenser ?
Le point de rassemblement est le lieu extérieur où les personnes évacuées se regroupent pour être recensées. Ainsi, il se situe hors de la zone de danger et à l’écart des accès empruntés par les secours. En effet, un rassemblement placé devant le portail bloque les engins de lutte contre le feu.
Le recensement constitue le vrai point faible. Par conséquent, la liste de référence doit intégrer les intérimaires, les stagiaires, les visiteurs et les entreprises extérieures présentes ce jour-là. Notre méthode d’articulation avec une entreprise extérieure et son plan de prévention traite ce recensement croisé.
Le choix du lieu se teste, il ne se décrète pas. Toutefois, beaucoup de sites découvrent lors du premier exercice que le point retenu devient impraticable sous la fumée ou par vent dominant. C’est pourquoi un second point de repli mérite d’être défini.
Quels établissements doivent installer une alarme sonore ?
Les établissements où peuvent se trouver réunies habituellement plus de cinquante personnes sont équipés d’un système d’alarme sonore. Ainsi, l’article R4227-34 pose ce seuil. En effet, la même obligation s’applique, quelle que soit leur importance, aux établissements où sont manipulées des matières inflammables.
La configuration du site influe sur le dispositif. Par conséquent, l’article R4227-35 précise que l’alarme sonore générale est donnée par bâtiment lorsque l’établissement en comporte plusieurs, isolés entre eux. Autrement dit, un signal unique ne convient pas à un site éclaté.
Le signal doit être reconnu de tous. Par ailleurs, c’est précisément l’objet des exercices, qui apprennent à identifier ses caractéristiques. En outre, toute évacuation incendie commence par la reconnaissance de ce signal. De ce fait, un site qui change de sirène sans le dire annule le bénéfice des années précédentes.
Combien d’extincteurs faut-il et où les placer ?
Le premier secours contre l’incendie est assuré par des extincteurs en nombre suffisant et maintenus en bon état de fonctionnement. Ainsi, l’article R4227-29 impose au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée d’une capacité minimale de 6 litres pour 200 mètres carrés de plancher. En effet, il exige aussi au moins un appareil par niveau. Ainsi, une évacuation incendie bien conduite laisse le temps de mettre ces appareils en oeuvre.
Les risques particuliers appellent des appareils adaptés. Par exemple, les locaux présentant des risques électriques reçoivent des extincteurs dont le nombre et le type correspondent au risque réel. Notre dossier sur le local de charge des batteries de chariots illustre ce cas fréquent en logistique.
Certaines technologies changent la donne. Cependant, un emballement thermique de batterie ne se traite pas comme un feu de carton. Notre analyse des risques d’incendie liés aux batteries au lithium détaille ces particularités.
Comment l’évacuation incendie s’articule-t-elle avec les SST ?
Le sauveteur secouriste du travail intervient sur les victimes, tandis que les équipiers d’évacuation gèrent le mouvement collectif. Ainsi, les deux dispositifs se complètent sans se confondre. En effet, un SST engagé dans un secours ne peut pas simultanément vérifier que son étage est vide.
La formation SST dure 14 heures, soit 2 jours, et se maintient tous les 24 mois. Par conséquent, elle constitue le socle secourisme le plus répandu en entreprise. Notre repère sur le nombre de SST à prévoir dans une entreprise aide à dimensionner l’effectif.
Les travaux par point chaud méritent une vigilance propre. Par ailleurs, soudage et meulage déclenchent une part notable des sinistres. Notre guide du permis de feu pour les travaux par point chaud encadre ces opérations.
Qui former, et comment financer ces formations ?
Quatre publics se dégagent naturellement. Ainsi, l’ensemble du personnel connaît la consigne et le signal, les équipiers d’évacuation tiennent leur rôle, les équipiers de première intervention manipulent les extincteurs, et l’encadrement pilote les exercices. En effet, une formation générique unique couvre mal ces besoins distincts.
La traçabilité pèse autant que la formation. Par conséquent, conservez les attestations, les feuilles d’émargement et les comptes rendus d’exercice. Notre guide du registre de sécurité et de la traçabilité des formations précise ce classement.
Le financement mobilise les circuits habituels. Ainsi, votre OPCO intervient au titre du plan de développement des compétences. En outre, les subventions prévention de la CARSAT ciblent les entreprises de moins de 50 salariés, et France Travail mobilise l’AIF ou la POE lors d’un recrutement.
FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS pour les référentiels R482 à R490, intervient en centre ou sur votre site. Ainsi, la formation SST démarre à partir de 150 € et l’AIPR à partir de 150 €. Enfin, deux centres, en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, couvrent vos sites multi-régions.
Une alarme qui sonne sans que personne ne sache quoi faire : préparons vos équipes avant le prochain exercice.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Un exercice d’évacuation est-il obligatoire tous les six mois ?
Oui, l’article R4227-39 impose des exercices et essais au moins tous les six mois. Ainsi, la date et les observations se consignent sur un registre. En effet, ce registre reste tenu à la disposition de l’inspection du travail.
Combien de guide-file et de serre-file faut-il désigner ?
Aucun texte ne fixe de nombre. Ainsi, la règle pratique consiste à couvrir chaque zone, chaque niveau et chaque horaire, suppléants compris. En effet, le Code du travail exige seulement que la consigne nomme les personnes chargées de diriger l’évacuation.
Le serre-file doit-il vraiment sortir le dernier ?
Oui, sa mission consiste à vérifier que le local est vide. Ainsi, il contrôle bureaux, sanitaires et vestiaires avant de fermer les portes. Cependant, il ne prend jamais de risque personnel face aux fumées.
La consigne de sécurité incendie doit-elle être affichée partout ?
Elle s’affiche de manière très apparente dans chaque local dont l’effectif dépasse cinq personnes. Ainsi, les autres cas relèvent d’un affichage par dégagement desservant un groupe de locaux. En effet, l’article R4227-37 distingue ces deux situations.
Un SST est-il automatiquement équipier de première intervention ?
Non, les deux rôles répondent à des objectifs différents. Ainsi, le SST secourt les victimes, tandis que l’équipier attaque le départ de feu. Toutefois, un même salarié peut cumuler les deux formations.
Faut-il consigner l’évacuation incendie dans un registre ?
Oui, la date des exercices et les observations s’y inscrivent obligatoirement. Ainsi, ce registre constitue la première pièce demandée lors d’un contrôle. Par conséquent, un exercice non consigné équivaut à un exercice non réalisé.
Sources et références : Code du travail, article R4227-39, Code du travail, article R4227-38, Code du travail, article R4227-29, INRS — évacuation, intervention et consignes de sécurité. Réglementation à jour en août 2026. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


