Intoxication au monoxyde de carbone au travail : reconnaître et agir
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Une intoxication au monoxyde de carbone frappe sans odeur, sans couleur et sans signal d’alarme. Ainsi, une combustion incomplète suffit à saturer un local fermé en quelques minutes. En effet, l’INRS rappelle que ce gaz se fixe sur l’hémoglobine bien plus vite que l’oxygène.
- Le CO est incolore, inodore et non irritant : aucun sens humain ne le détecte.
- L’hémoglobine le fixe environ 200 fois mieux que l’oxygène (INRS, FT 47).
- La valeur limite contraignante atteint 20 ppm sur 8 heures (art. R4412-149).
- Plusieurs personnes gênées dans le même local orientent vers une origine gazeuse.
- L’article R4222-1 impose de renouveler l’air des locaux de travail.
Qu’est-ce qu’une intoxication au monoxyde de carbone ?
Une intoxication au monoxyde de carbone est un empoisonnement provoqué par l’inhalation d’un gaz issu d’une combustion incomplète. Ce gaz, noté CO, reste incolore, inodore et non irritant. Par conséquent, aucun de vos sens ne signale sa présence. La victime perd connaissance avant d’avoir identifié le danger.
Le mécanisme tient à la chimie du sang. En effet, l’hémoglobine fixe le CO environ 200 fois plus facilement que l’oxygène, selon la fiche toxicologique FT 47 de l’INRS. Il se forme alors de la carboxyhémoglobine, une molécule qui ne transporte plus l’oxygène. De ce fait, les organes les plus consommateurs souffrent en premier : le cerveau, puis le cœur.
D’où vient le monoxyde de carbone dans une entreprise ?
Toute flamme mal alimentée en air produit du monoxyde de carbone. Ainsi, un moteur thermique, un chauffage d’appoint ou un brûleur encrassé constituent des sources classiques. Le risque grimpe dès que ces appareils fonctionnent dans un volume fermé ou mal ventilé.
Sur le terrain, quatre situations reviennent souvent. Un chariot élévateur thermique circule dans un entrepôt aux portes closes. Ensuite, un groupe électrogène tourne au fond d’un sous-sol en travaux. Une disqueuse thermique découpe une dalle en tranchée profonde. Enfin, un chauffage mobile réchauffe une base-vie pendant la nuit. Consultez à ce sujet les règles applicables aux groupes électrogènes de chantier.
| Source de CO | Situation typique | Première mesure |
|---|---|---|
| Chariot élévateur thermique | Entrepôt fermé, quais rideaux baissés | Passer à l’électrique |
| Groupe électrogène | Sous-sol, tranchée, local technique | Sortir la machine |
| Chauffage d’appoint à combustion | Base-vie, atelier, bungalow | Amenée d’air neuf |
| Matériel thermique portatif | Découpe, compactage, pompage | Extraction mécanique |
| Brûleur ou chaudière déréglée | Chaufferie, cuisine collective | Maintenance annuelle |
Quels signes doivent faire penser à une intoxication oxycarbonée ?
Les premiers symptômes ressemblent à une banale fatigue. Ainsi, la victime signale des maux de tête, des nausées et des vertiges. Ensuite viennent la confusion, la faiblesse musculaire et les troubles de la vision. Enfin, la perte de connaissance survient, parfois sans phase d’alerte perceptible.
Un indice compte davantage que les symptômes eux-mêmes. En effet, plusieurs personnes se plaignent en même temps, dans le même local. À l’inverse, les troubles s’atténuent dès la sortie à l’air libre. Ce double signal oriente fortement vers une intoxication oxycarbonée. Nos repères sur la conduite à tenir devant un malaise au travail complètent cette lecture.
Quelles valeurs limites encadrent l’exposition au monoxyde de carbone ?
Le CO dispose d’une valeur limite d’exposition professionnelle contraignante, publiée par l’INRS et inscrite au Code du travail. Ainsi, l’article R4412-149 retient 20 ppm sur huit heures, soit 23 mg/m³. Par ailleurs, la valeur court terme atteint 100 ppm sur quinze minutes, soit 117 mg/m³.
Ces seuils encadrent l’exposition chronique des salariés. Toutefois, ils ne décrivent pas le seuil d’un accident aigu. En effet, une concentration très supérieure peut s’installer en quelques minutes dans un local clos. Par conséquent, le dépassement mesuré impose une action immédiate, pas une simple observation.
| Repère | Durée de référence | Valeur |
|---|---|---|
| VLEP-8h contraignante | 8 heures | 20 ppm |
| VLEP-8h exprimée en masse | 8 heures | 23 mg/m³ |
| VLCT contraignante | 15 minutes | 100 ppm |
| VLCT exprimée en masse | 15 minutes | 117 mg/m³ |
| Base réglementaire | Code du travail | R4412-149 |
Quels postes exposent le plus à une intoxication au monoxyde de carbone ?
La logistique arrive en tête dès qu’un parc thermique subsiste. Ainsi, le cariste, le préparateur de commandes et l’agent de quai partagent le même air. En hiver, les portes restent fermées et la dilution disparaît. De ce fait, une flotte vieillissante transforme un entrepôt en enceinte confinée.
Le bâtiment expose lui aussi, mais autrement. En effet, les travaux souterrains, les parkings et les tranchées concentrent les gaz d’échappement. Les métiers de la maintenance interviennent près des chaufferies et des groupes de secours. Quant à la restauration collective, elle cumule brûleurs, fours et locaux exigus. Nos règles sur les locaux de charge des batteries de chariots illustrent la même logique de ventilation.
Comment repérer le monoxyde de carbone avant l’accident ?
Seule une mesure instrumentale révèle le gaz. Ainsi, un détecteur de monoxyde de carbone fixe surveille en continu un local à risque. Un appareil portatif accompagne l’intervenant qui descend en fosse ou en sous-sol. Par ailleurs, l’alarme doit rester audible malgré le bruit des engins.
Le choix de l’emplacement conditionne l’efficacité. En effet, le CO se mélange à l’air ambiant sans stratification marquée. Placez donc les capteurs à hauteur de respiration, près des sources et des postes occupés. Enfin, consignez chaque étalonnage : un détecteur de monoxyde de carbone non vérifié n’apporte aucune garantie.
Un détecteur ne remplace pas la ventilation ? Exactement : il signale une défaillance, il ne la corrige pas. Nos conseillers analysent vos locaux et vos besoins de formation lors d’un échange sans engagement.
Que faire face à une victime d’intoxication au monoxyde de carbone ?
Le secouriste applique l’ordre appris en formation SST : protéger, examiner, faire alerter, secourir. Toutefois, la protection prend ici une forme particulière. En effet, entrer dans l’atmosphère toxique transforme le sauveteur en seconde victime. Par conséquent, la ventilation et la coupure de la source précèdent tout contact.
- Protéger sans s’exposer — ouvrez portes et fenêtres depuis l’extérieur, coupez l’appareil en cause si le geste reste possible en sécurité.
- Extraire la victime — dégagez-la vers l’air libre uniquement si vous pouvez le faire sans respirer l’atmosphère suspecte.
- Examiner — recherchez la conscience, puis la respiration, selon la démarche enseignée en formation de secouriste.
- Faire alerter — transmettez le 15, le 18 ou le 112, en précisant la suspicion d’intoxication au monoxyde de carbone.
- Secourir — placez en position latérale de sécurité la victime inconsciente qui respire, sinon débutez la réanimation cardio-pulmonaire.
- Interdire le retour — bloquez l’accès au local tant qu’une mesure n’a pas confirmé l’assainissement de l’air.
Une précision compte pour les témoins. En effet, une victime réveillée peut sembler rétablie et vouloir reprendre son poste. Or l’élimination de la carboxyhémoglobine demande du temps et un avis médical. Ainsi, tout salarié exposé part au bilan, même s’il se dit en forme.
Comment passer l’alerte et à qui ?
Le message d’alerte gagne à suivre une trame stable. Ainsi, annoncez le lieu exact, la nature de l’événement, le nombre de victimes et leur état. Précisez ensuite la présence d’un gaz suspecté et l’état de la ventilation. Cette mention oriente les moyens engagés dès le départ.
L’organisation des secours ne s’improvise pas le jour de l’accident. En effet, l’INRS recommande de définir à l’avance les personnes ressources et les circuits d’appel. Le règlement intérieur et les consignes affichées portent ces informations. Notre article sur la structure du message d’alerte en entreprise détaille chaque rubrique.
Quelles obligations d’aération pèsent sur l’employeur ?
L’article R4222-1 du Code du travail impose de renouveler l’air des locaux de travail. Ainsi, l’objectif consiste à maintenir un état de pureté propre à préserver la santé. Les locaux à pollution spécifique appellent des dispositions renforcées. De ce fait, un atelier abritant des moteurs thermiques ne relève pas du régime le plus simple.
L’obligation dépasse la seule installation. En effet, l’employeur entretient les dispositifs, vérifie leur débit et conserve les rapports. Par ailleurs, la consigne d’utilisation des locaux se transmet aux salariés et aux entreprises extérieures.
Autrement dit, une ventilation présente mais arrêtée n’apporte aucune protection.
Comment inscrire le risque d’intoxication oxycarbonée au document unique ?
Le risque d’intoxication au monoxyde de carbone se décrit à partir des situations réelles, pas des équipements listés à l’inventaire. Ainsi, décrivez chaque tâche exposante : manutention en local fermé, intervention en fosse, chauffage temporaire. Précisez la durée, la fréquence et le nombre de personnes concernées. Ensuite seulement, hiérarchisez les actions.
Trois leviers structurent le plan d’action. D’abord la suppression, en remplaçant le thermique par l’électrique. Puis la réduction, par la ventilation et la surveillance instrumentale. Enfin la protection organisationnelle, avec des secouristes formés et des consignes écrites. Notre méthode pour bâtir un document unique utile sur le terrain transpose directement ce raisonnement.
Comment préparer vos équipes à ce risque invisible ?
La formation SST reste le socle opérationnel. En effet, elle apprend à protéger sans s’exposer, à alerter utilement et à réaliser les gestes de survie. La formation initiale dure 2 jours, soit 14 heures. Ensuite, le maintien et l’actualisation des compétences interviennent tous les 24 mois.
Les métiers exposés cumulent souvent plusieurs titres. Ainsi, un cariste détient un CACES R489, valable 5 ans comme les R485, R486, R487 et R490. Seul le R482 atteint 10 ans. Par ailleurs, l’employeur délivre l’autorisation de conduite prévue aux articles R4323-55 et R4323-56 du Code du travail. Depuis l’arrêté du 26 septembre 2025, qui a abrogé celui du 2 décembre 1998, il s’appuie notamment sur une attestation d’absence de contre-indication médicale.
FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS pour les référentiels R482 à R490, intervient en centre ou sur votre site. Nos sessions démarrent à partir de 150 € pour le SST comme pour l’AIPR, et à partir de 250 € pour le R489. Les accréditations AFNOR K-109287 et COFRAC 4-0001 sécurisent la valeur des titres délivrés. Enfin, deux centres, en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, couvrent vos sites multi-régions.
Un gaz que personne ne sent exige des équipes qui savent réagir : parlons de vos besoins.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Peut-on sentir le monoxyde de carbone avant l’intoxication ?
Non, et c’est précisément ce qui rend ce gaz redoutable. En effet, il ne possède ni odeur, ni couleur, ni pouvoir irritant. Aucun signe d’ambiance ne prévient donc les occupants. Seule une mesure instrumentale permet de le détecter à temps.
Un détecteur domestique suffit-il en entreprise ?
Un appareil grand public ne couvre pas les exigences d’un local professionnel. Ainsi, la métrologie, l’étalonnage et la traçabilité des alarmes font partie du dispositif attendu. Par ailleurs, le niveau sonore doit rester perceptible malgré le bruit des engins. Retenez un matériel adapté au milieu de travail.
Quelle différence avec le dioxyde de carbone ?
Le dioxyde de carbone, noté CO₂, résulte d’une combustion complète et de la respiration. À l’inverse, le monoxyde provient d’une combustion incomplète et bloque le transport de l’oxygène. Leurs valeurs limites et leurs effets diffèrent nettement. Autrement dit, les deux gaz ne se traitent pas de la même façon.
Une intoxication oxycarbonée constitue-t-elle un accident du travail ?
Un événement soudain survenu au temps et au lieu de travail relève du régime de l’accident du travail. Ainsi, la déclaration s’impose à l’employeur dans les délais légaux. Par ailleurs, l’analyse des causes alimente la mise à jour du document unique. Conservez les mesures d’ambiance réalisées après l’événement.
Combien de secouristes prévoir sur un site exposé ?
Le Code du travail impose au moins un salarié formé aux premiers secours là où sont effectués des travaux dangereux. Toutefois, un effectif unique laisse le site découvert en cas d’absence. Par conséquent, raisonnez par équipe, par horaire et par bâtiment. Un maillage large reste la seule réponse robuste.
Faut-il ventiler avant ou après avoir sorti la victime ?
Ouvrez d’abord depuis l’extérieur, puis évaluez la possibilité d’extraire la personne. En effet, un sauveteur qui s’effondre double la difficulté des secours. Ainsi, la protection prime toujours sur la rapidité apparente. Sinon, attendez les moyens équipés d’appareils respiratoires.
Sources et références : INRS — fiche toxicologique FT 47, monoxyde de carbone, INRS — valeurs limites d’exposition professionnelle, Code du travail, article R4222-1, INRS — organisation des secours en entreprise. Réglementation à jour en août 2026. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


