Hypothermie au travail : reconnaître les signes et agir en secouriste
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L’hypothermie au travail commence bien avant l’épisode de grand froid annoncé à la radio. Ainsi, un salarié mouillé, immobile et exposé au vent se refroidit en quelques dizaines de minutes. En effet, l’INRS rappelle que le danger naît de la combinaison entre température, humidité et courant d’air.
- Ainsi, une température centrale sous 35 °C définit l’hypothermie : le corps ne compense plus.
- En effet, des frissons qui cessent annoncent une aggravation, jamais une amélioration.
- Par ailleurs, frictionner, donner de l’alcool ou réchauffer brutalement aggrave l’état de la victime.
- Selon l’article R4223-13 du Code du travail, les locaux fermés sont chauffés pendant la saison froide.
- Toutefois, l’hypothermie au travail guette aussi l’entrepôt frigorifique, pas seulement le chantier extérieur en hiver.
Qu’est-ce qu’une hypothermie au travail ?
Une hypothermie au travail est une baisse de la température centrale du corps sous 35 °C, provoquée par une exposition professionnelle au froid. Ainsi, la production de chaleur ne compense plus les pertes. En effet, le vent, l’humidité et l’immobilité accélèrent la déperdition. Par conséquent, un salarié bascule parfois sans avoir eu conscience d’avoir froid.
Le corps défend d’abord son noyau, c’est-à-dire le cerveau, le cœur et les viscères. Ainsi, il referme la circulation des extrémités, puis déclenche le frisson pour produire de la chaleur. Toutefois, ces réserves musculaires s’épuisent. De ce fait, la température chute, la vigilance baisse et les gestes deviennent maladroits.
Quels sont les stades du refroidissement de l’organisme ?
Le refroidissement de l’organisme progresse par paliers, du frisson intense à l’arrêt des fonctions vitales. Ainsi, on distingue une phase légère, une phase modérée et une phase sévère. En effet, chaque palier appelle une conduite différente. Toutefois, aucun thermomètre courant ne mesure fiablement la température centrale sur le terrain.
| Stade | Ce que voit le témoin | Température centrale |
|---|---|---|
| Refroidissement léger | Frissons intenses, mains malhabiles, parole hésitante | 35 à 32 °C |
| Refroidissement modéré | Frissons qui cessent, confusion, apathie | 32 à 28 °C |
| Refroidissement sévère | Inconscience, respiration rare, pouls imperceptible | Sous 28 °C |
| Signe d’alarme immédiat | Discours incohérent, refus de la pause | À tout stade |
| Réflexe du témoin | Abriter, isoler du sol, faire alerter | Sans délai |
Un détail trompe souvent les témoins. En effet, l’arrêt des frissons passe pour un retour au calme. Au contraire, il traduit l’épuisement des réserves de l’organisme. Par conséquent, une victime qui ne frissonne plus relève de l’urgence absolue.
Quels signaux d’alerte doivent inquiéter un collègue ?
Les signaux d’alerte du froid touchent d’abord le comportement, pas seulement la peau. Ainsi, un salarié qui articule mal, ralentit ou s’isole donne le premier indice. En effet, la confusion précède presque toujours la perte de connaissance. Par ailleurs, une peau froide, pâle et sèche confirme la piste du refroidissement.
Trois observations comptent sur le terrain. D’abord, la personne peine à réaliser un geste simple, comme fermer une boucle de harnais. Ensuite, elle répond à côté ou répète la même phrase. Enfin, elle refuse la pause alors qu’elle grelotte depuis une heure. Nos repères sur la conduite à tenir devant un malaise au travail complètent cette lecture.
Quels postes exposent le plus à l’hypothermie au travail ?
Le risque d’hypothermie au travail concerne tout poste où le froid, l’humidité et l’immobilité se cumulent. Ainsi, le chantier extérieur en hiver arrive en tête des situations connues. Toutefois, l’entrepôt frigorifique expose de façon plus continue. En outre, les travaux en eau, en tranchée ou en local non chauffé complètent la liste.
Chaque métier a sa combinaison propre. En effet, le cariste d’un entrepôt frigorifique enchaîne les entrées et les sorties de zone négative. Le couvreur, quant à lui, cumule vent, pluie et posture statique. Par ailleurs, l’agent de maintenance intervient souvent de nuit, machine à l’arrêt, sur des surfaces métalliques glacées. Nos repères sur la conduite de chariot en froid négatif détaillent ce cas particulier.
Que fait le sauveteur secouriste du travail devant une victime ?
Le sauveteur secouriste du travail applique l’ordre appris en formation SST : protéger, examiner, faire alerter, secourir. Ainsi, il soustrait d’abord la victime au froid, au vent et à l’humidité. En effet, tout geste réalisé sur place, sous la pluie, reste sans effet durable. Par conséquent, la mise à l’abri précède le reste.
- Protéger — mettez la victime à l’abri du vent et de la pluie, puis isolez-la du sol avec un carton, une palette ou une couverture.
- Retirer le mouillé — ôtez les vêtements trempés à l’abri, car un textile humide continue de pomper la chaleur du corps.
- Envelopper — couvrez le tronc et la tête avec une couverture de survie, en laissant le visage dégagé.
- Examiner — recherchez la conscience, puis la respiration, selon la démarche enseignée en formation de secouriste.
- Faire alerter — transmettez le 15, le 18 ou le 112, en signalant une suspicion d’hypothermie au travail.
- Surveiller — parlez à la victime, manipulez-la doucement et guettez toute dégradation jusqu’à l’arrivée des secours.
- Réchauffer prudemment — si elle reste consciente et avale sans risque, proposez une boisson chaude et sucrée, jamais alcoolisée.
La manipulation compte autant que le réchauffement. En effet, un mouvement brusque expose une personne très refroidie à un trouble du rythme cardiaque. Ainsi, on déplace la victime à plat, sans la secouer. Enfin, on ne la fait jamais marcher pour « la réchauffer ».
Quels gestes ne faut-il surtout jamais faire ?
Quatre réflexes spontanés aggravent une hypothermie au travail au lieu de la corriger. Ainsi, frictionner les membres renvoie le sang refroidi vers le cœur. En effet, l’alcool dilate les vaisseaux et accélère la perte de chaleur. Par ailleurs, un réchauffement brutal, par bain chaud ou source directe, expose au même danger.
| Geste réflexe à proscrire | Pourquoi il aggrave | À faire à la place |
|---|---|---|
| Frictionner les bras et les jambes | Renvoie le sang froid périphérique vers le cœur | Isoler et envelopper |
| Donner de l’alcool | Dilate les vaisseaux, accélère la déperdition | Boisson chaude sucrée |
| Bain chaud ou radiateur direct | Réchauffement brutal, risque cardiaque | Réchauffement progressif |
| Faire marcher la victime | Mobilise le sang refroidi des membres | Maintenir au repos |
| Déshabiller en plein vent | Aggrave l’exposition au froid | Déshabiller à l’abri |
Un cas mérite une attention particulière. En effet, une victime très refroidie peut sembler sans vie, avec un pouls imperceptible et une respiration très lente. Toutefois, seul un médecin décide de l’arrêt d’une réanimation.
Autrement dit, le secouriste engage les gestes et les poursuit jusqu’à la relève des secours.
Nos repères sur la chaîne de survie face à un arrêt cardiaque rappellent cet enchaînement.
Comment reconnaître des gelures des extrémités ?
Les gelures des extrémités atteignent les doigts, les orteils, le nez et les oreilles, là où la circulation se ferme en premier. Ainsi, la peau blanchit, durcit et perd toute sensibilité. En effet, la douleur disparaît avant que la lésion profonde ne s’installe. Par conséquent, l’absence de douleur ne rassure jamais.
La conduite à tenir tient en quelques règles simples. D’abord, réchauffez la zone au contact du corps, sous l’aisselle ou contre le ventre. Ensuite, ne percez aucune cloque et ne frottez surtout pas la peau, ni avec la main ni avec de la neige. Enfin, évitez de réchauffer une extrémité qui risque de regeler avant l’arrivée des secours. Nos repères sur les gestes face à une brûlure au travail rappellent la même prudence sur les lésions cutanées.
Vos équipes savent-elles lire ces signes ? En effet, le doute coûte cher quand la victime ne frissonne plus. Nos conseillers étudient vos postes exposés lors d’un échange sans engagement.
Comment alerter les secours et que faut-il leur transmettre ?
Le message d’alerte gagne à suivre une trame stable. Ainsi, annoncez le lieu précis, la nature de l’événement, le nombre de victimes et leur état. Ensuite, précisez la durée d’exposition au froid et le niveau de conscience. En effet, ces deux informations orientent directement les moyens engagés.
L’organisation des secours se prépare avant l’hiver, jamais le jour de l’accident. En effet, l’INRS recommande de désigner à l’avance les personnes ressources et les circuits d’appel. Par ailleurs, un chantier isolé impose d’indiquer l’itinéraire d’accès des véhicules. Notre article sur la trame du message d’alerte en entreprise détaille chaque rubrique.
Quelles obligations pèsent sur l’employeur en travail au froid ?
Le Code du travail ne fixe aucune température minimale de travail. Toutefois, il impose des obligations précises. Ainsi, l’article R4223-13 prévoit le chauffage des locaux fermés pendant la saison froide. En outre, l’article R4225-1 exige que les postes extérieurs protègent les travailleurs contre les conditions atmosphériques.
L’évaluation précède toute mesure de terrain. En effet, le risque lié au froid s’inscrit au document unique, tâche par tâche, avec sa durée et sa fréquence. Par ailleurs, l’employeur consulte le comité social et économique sur les mesures retenues, puis informe les entreprises extérieures. Nos repères sur les obligations de l’employeur pendant un épisode de grand froid précisent ce cadre.
Comment organiser les pauses, les locaux et les EPI ?
L’organisation du travail pèse davantage que l’équipement individuel. Ainsi, l’employeur aménage un local chauffé, planifie des pauses de réchauffement et limite la durée d’exposition continue. En outre, il fournit des équipements de protection adaptés au froid comme à l’humidité. En effet, un vêtement chaud mais imperméable à la vapeur trempe le salarié de l’intérieur.
Le choix des EPI suit trois principes. D’abord, superposez plusieurs couches plutôt qu’une épaisseur unique. Ensuite, protégez la tête, les mains et les pieds, par où la chaleur part le plus vite. Enfin, remplacez tout gant ou toute chaussette mouillés en cours de poste. Notre article sur la fourniture et la vérification des EPI sur chantier détaille cette obligation.
Comment préparer vos équipes au risque d’hypothermie au travail ?
La formation SST reste le socle opérationnel face à une hypothermie au travail. En effet, elle apprend à protéger sans s’exposer, à examiner, à faire alerter puis à secourir. La formation initiale dure 2 jours, soit 14 heures. Ensuite, le maintien et l’actualisation des compétences interviennent tous les 24 mois.
Les métiers exposés cumulent souvent plusieurs titres. Ainsi, un cariste de zone négative détient un CACES R489, valable 5 ans comme les R485, R486, R487 et R490. Seul le R482 atteint 10 ans. Par ailleurs, l’employeur délivre l’autorisation de conduite prévue aux articles R4323-55 et R4323-56 du Code du travail. Le déroulé complet des 14 heures de formation SST répond aux questions d’organisation.
FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS pour les référentiels R482 à R490, intervient en centre ou sur votre site. Ainsi, nos sessions démarrent à partir de 150 € pour le SST comme pour l’AIPR, et à partir de 250 € pour le R489. Par ailleurs, les accréditations AFNOR K-109287 et COFRAC 4-0001 sécurisent la valeur des titres délivrés. Enfin, deux centres, en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, couvrent vos sites multi-régions.
Le froid ne prévient pas : des secouristes formés changent l’issue d’une matinée d’hiver.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Une hypothermie au travail est-elle possible au-dessus de zéro degré ?
Oui, et c’est le piège le plus fréquent. En effet, l’eau, le vent et l’immobilité suffisent à faire chuter la température centrale même par 5 °C au thermomètre. Ainsi, un salarié trempé sous une pluie d’automne se refroidit plus vite qu’un collègue sec par temps froid et sec.
Faut-il mettre en position latérale de sécurité une victime consciente ?
Non : la position latérale de sécurité concerne la victime inconsciente qui respire. Ainsi, une personne consciente reste allongée, abritée et enveloppée. Toutefois, surveillez la conscience en continu. En effet, un refroidissement modéré bascule parfois en quelques minutes vers l’inconscience.
Un salarié d’entrepôt frigorifique a-t-il droit à des pauses spécifiques ?
Aucun texte ne fixe une durée de pause chiffrée pour le froid. Toutefois, l’employeur doit évaluer le risque et organiser des temps de réchauffement dans un local adapté. Ainsi, la durée dépend de la température de la zone, de l’activité et des équipements. Par conséquent, la règle se construit poste par poste.
Le Code du travail fixe-t-il une température minimale de travail ?
Non, aucun seuil chiffré ne figure dans le Code du travail. Toutefois, l’article R4223-13 impose de chauffer les locaux fermés pendant la saison froide. En outre, l’article R4225-1 protège les postes extérieurs contre les conditions atmosphériques. Ainsi, l’employeur reste tenu d’évaluer puis de prévenir le risque.
Combien de secouristes prévoir sur un site exposé au froid ?
Le Code du travail impose au moins un salarié formé aux premiers secours là où sont effectués des travaux dangereux. Toutefois, un effectif unique laisse le site découvert dès la première absence. Par conséquent, raisonnez par équipe, par horaire et par bâtiment. Ainsi, le maillage résiste aux congés comme aux arrêts.
Des gelures des extrémités relèvent-elles d’un accident du travail ?
Une lésion survenue au temps et au lieu de travail relève du régime de l’accident du travail. Ainsi, la déclaration s’impose à l’employeur dans les délais légaux. Par ailleurs, l’analyse des causes alimente la mise à jour du document unique. Enfin, conservez les relevés de température et l’organisation du poste ce jour-là.
Sources et références : INRS — travail au froid, ce qu’il faut retenir, Code du travail, article R4223-13, Code du travail, article R4225-1, INRS — organisation des secours en entreprise. Réglementation à jour en août 2026. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


