Crise d’asthme au travail : ce que fait le sauveteur secouriste
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Une crise d’asthme au travail se gère d’abord par le repos et par l’aide à la prise du traitement habituel de la victime. En effet, le sauveteur secouriste du travail n’administre rien de sa propre initiative. Toutefois, il fait appeler le 15 dès qu’un signe de gravité apparaît.
- Selon l’Assurance Maladie, la crise associe gêne respiratoire sifflante, toux et oppression thoracique.
- Le SST met la victime au repos et l’aide, à sa demande, à prendre son médicament.
- Des lèvres bleues ou une difficulté à parler signent une urgence vitale : appel au 15.
- Le tableau n° 66 du régime général fixe un délai de prise en charge de 7 jours pour l’asthme.
- Chez FORMAFORCE®, la formation SST démarre à partir de 150 €.
Comment reconnaître une crise d’asthme au travail ?
Une crise d’asthme au travail est un épisode de gêne respiratoire sifflante, accompagné d’une toux et d’une sensation d’oppression thoracique. Selon l’Assurance Maladie, l’air passe mal, surtout à l’expiration. En effet, les muscles qui entourent les bronches se contractent et la muqueuse sécrète du mucus. Ainsi, la respiration devient pénible et souvent angoissante.
L’intensité et la durée varient d’une personne à l’autre, de plusieurs minutes à quelques heures. Par ailleurs, l’Assurance Maladie cite parmi les déclencheurs un allergène, un irritant, l’effort ou le temps froid. Cependant, une gêne respiratoire au travail n’est pas toujours de l’asthme. Notre article sur la réaction allergique grave et l’anaphylaxie décrit un tableau voisin, bien plus brutal.
Que fait le sauveteur secouriste face à cette gêne respiratoire ?
Le sauveteur secouriste du travail applique la conduite à tenir prévue pour une victime qui se plaint de malaise. Ainsi, l’aide-mémoire INRS ED 4085 demande d’observer les signes, de mettre la victime au repos et de l’écouter. Ensuite, le secouriste la questionne, elle ou son entourage. Enfin, il suit les conseils donnés par les secours.
Le résultat à atteindre est double selon ce document : éviter l’aggravation et prendre un avis médical. Par conséquent, le secouriste ne cherche jamais à poser un diagnostic. En revanche, il note l’heure de début, les signes observés et le traitement habituel évoqué par la victime. Ces éléments nourrissent ensuite le message d’alerte.
Lorsque la crise suit une exposition, la première étape consiste pourtant à protéger. En effet, l’aide-mémoire range l’atmosphère toxique ou irrespirable parmi les dangers persistants. De ce fait, le secouriste supprime ou isole le danger, sans s’exposer lui-même. Notre fiche sur l’intoxication au monoxyde de carbone illustre ce réflexe.
Le secouriste peut-il aider à prendre l’inhalateur de secours ?
Oui, le secouriste peut aider la victime à utiliser son inhalateur de secours, à condition qu’elle le demande. En effet, l’aide-mémoire ED 4085 prévoit d’aider, à sa demande, la victime à prendre un médicament. Toutefois, ce geste reste une aide : la décision et le traitement appartiennent à la personne asthmatique elle-même.
Selon l’Assurance Maladie, le traitement de secours s’inhale dès que la crise apparaît. Il dilate les bronches et soulage en quelques minutes, mais son action reste courte. C’est pourquoi aller chercher l’inhalateur resté au casier constitue une action utile. En revanche, rien dans l’aide-mémoire n’autorise à donner le médicament d’une autre personne.
Ce geste suppose une victime consciente, capable d’exprimer sa demande. Ainsi, une personne qui ne répond plus relève d’une autre conduite à tenir. Selon l’aide-mémoire, si elle respire et que son état ne résulte pas d’un traumatisme, le secouriste la met sur le côté. Notre pas-à-pas sur la victime inconsciente qui respire détaille ce retournement.
Quels signes imposent d’appeler le 15 sans attendre ?
L’asthme aigu grave impose un appel immédiat au 15, ou au 112 depuis un téléphone mobile. Selon l’Assurance Maladie, il se manifeste par une grande difficulté à respirer, avec une respiration rapide et courte. En outre, l’espace entre les côtes se creuse et les lèvres bleuissent. Enfin, parler ou marcher devient difficile.
Une confusion ou une perte de connaissance complète ce tableau d’urgence vitale. Par ailleurs, l’Assurance Maladie parle d’exacerbation lorsqu’une crise dure plusieurs heures, malgré la prise répétée du traitement. Dans ce cas aussi, un avis médical s’impose. Notre fiche sur le message d’alerte en entreprise détaille la trame à transmettre.
Selon l’aide-mémoire ED 4085, le message précise le lieu, la nature de l’événement, le nombre de victimes et leur état. Il mentionne aussi les actions déjà engagées, dont la prise éventuelle du traitement. Ensuite, personne ne raccroche le premier. Enfin, le 114 permet aux personnes sourdes et malentendantes d’alerter.
| Situation | Ce que l’on observe | Conduite de l’entourage |
|---|---|---|
| Crise d’asthme | Gêne sifflante, toux, oppression thoracique | Repos, aide au traitement demandé, avis médical |
| Exacerbation | Crise qui dure malgré la prise répétée du traitement | Avis médical par l’organisation des secours |
| Asthme aigu grave | Lèvres bleues, difficulté à parler, confusion | Appel immédiat au 15 ou au 112 |
| Victime qui ne répond plus | Perte de connaissance, respiration présente | Alerte, mise sur le côté, surveillance |
Qu’appelle-t-on asthme professionnel ?
L’asthme professionnel désigne, selon l’INRS, un asthme causé par le travail. Cet institut distingue l’asthme aggravé par le travail : un asthme préexistant, dont les expositions professionnelles influencent l’évolution. Ainsi, une crise d’asthme au travail peut révéler une maladie ancienne comme une sensibilisation récente. Seul un médecin tranche entre ces deux hypothèses.
L’INRS décrit par ailleurs deux mécanismes. D’abord, la forme allergique suppose une période de latence, sans symptôme, pendant laquelle la sensibilisation s’installe. Ensuite, la forme non allergique apparaît sans latence, dans les heures qui suivent une exposition forte à un irritant. Enfin, elle survient aussi après des expositions répétées à faible concentration.
Quels produits déclenchent l’asthme sur le lieu de travail ?
Les produits de nettoyage arrivent en tête des agents mis en cause dans l’asthme professionnel, selon les données du réseau RNV3P publiées par l’INRS. Viennent ensuite la farine et les produits de coiffure, notamment les persulfates alcalins. Côté métiers, la mise en propreté et la coiffure dominent chez les femmes. Chez les hommes, le boulanger-pâtissier arrive en tête.
Les agents sensibilisants cités par l’INRS couvrent aussi le latex, les animaux de laboratoire, les sels de platine et les anhydrides d’acides. Dans le bâtiment, l’institut mentionne les mousses polyuréthanes, qui contiennent des isocyanates. De même, les poussières de bois, les vernis et les colles figurent parmi les produits de la transformation du bois. Notre guide sur le choix d’une protection respiratoire complète ce point.
L’asthme peut-il être reconnu en maladie professionnelle ?
L’asthme peut relever du tableau n° 66 du régime général, intitulé « Rhinites et asthmes professionnels ». Selon la base de l’INRS, ce tableau date d’un décret du 2 juin 1977, dont la dernière mise à jour remonte au 11 février 2003. En effet, il fixe un délai de prise en charge de 7 jours pour l’asthme.
L’asthme visé doit être objectivé par des explorations fonctionnelles respiratoires et récidiver en cas de nouvelle exposition, ou être confirmé par test. En outre, le tableau n° 66 contient une liste limitative de travaux, des farines aux détergents. Pour les isocyanates organiques, le tableau n° 62 retient le même délai de 7 jours.
Une crise isolée ne suffit donc pas à qualifier une maladie professionnelle. Cependant, elle constitue un signal que le secouriste n’a pas à interpréter lui-même. Cette qualification relève du médecin, jamais de l’entourage.
Vos secouristes savent-ils distinguer la crise simple de l’urgence vitale ? Nos formateurs SST travaillent ces situations sur des cas proches de vos postes. Parlons de votre organisation des secours.
Que doit prévoir l’employeur après une crise sur un poste exposé ?
L’employeur réévalue le poste lorsque la crise suit l’usage d’un produit ou une exposition à une poussière. Ainsi, le document unique d’évaluation des risques intègre les agents sensibilisants réellement présents. Ensuite, la suppression du danger passe avant la protection. Selon l’aide-mémoire ED 4085, les protections collectives priment sur les protections individuelles.
Le secouriste joue ici son second rôle. En effet, l’aide-mémoire lui demande de relayer les situations dangereuses repérées aux personnes chargées de la prévention. Par conséquent, il signale le produit ou la tâche en cause, sans rien divulguer de la santé du collègue. Notre analyse sur le contenu du document unique montre comment consigner ces mesures.
Par ailleurs, l’article R4224-16 du Code du travail impose des mesures de premiers secours, prises après avis du médecin du travail. Ces mesures figurent dans un document tenu à la disposition de l’inspection du travail. De ce fait, la conduite à tenir face à une gêne respiratoire y trouve naturellement sa place.
Quelle procédure suivre face à une crise d’asthme au travail ?
Une crise d’asthme au travail se gère en six étapes, de la protection jusqu’au relais des secours. Ainsi, l’ordre des gestes compte autant que chacun d’eux. En effet, protéger et examiner précèdent toujours l’aide au traitement. Par conséquent, cette séquence mérite d’être affichée près du matériel de premiers secours.
- Protéger — d’abord, faites cesser l’exposition au produit ou à la poussière, sans vous exposer.
- Examiner — ensuite, vérifiez que la victime répond et observez sa respiration.
- Installer au repos — puis, laissez-la dans la posture qui la soulage, sans l’agiter.
- Aider au traitement — si elle le demande, apportez son propre inhalateur de secours.
- Faire alerter — dès un signe de gravité, faites composer le 15 ou le 112.
- Surveiller — enfin, réconfortez la victime et suivez son état jusqu’aux secours.
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Une crise d’asthme se gère mieux quand quelqu’un sait déjà quoi faire.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Faut-il allonger une personne en crise d’asthme ?
L’aide-mémoire ED 4085 demande de mettre la victime au repos, sans imposer de position pour le malaise. Ainsi, le secouriste respecte la posture qui soulage la personne. En revanche, une victime qui ne répond plus mais respire se place sur le côté, hors traumatisme.
Le secouriste peut-il utiliser l’inhalateur d’un autre salarié ?
Non, aucun texte consulté ne l’y autorise. En effet, l’aide-mémoire vise la prise d’un médicament par la victime, à sa propre demande. Par conséquent, le secouriste apporte le traitement de la personne concernée, sinon il suit les conseils donnés par les secours.
La crise suit l’usage d’un produit d’entretien : que faire ?
D’abord, le secouriste fait cesser l’exposition sans s’exposer. Ensuite, pour l’inhalation d’un produit caustique, l’aide-mémoire prévoit la position assise en cas de difficultés respiratoires. Enfin, il consulte et conserve la fiche de données de sécurité du produit pour les secours.
L’employeur doit-il savoir qu’un salarié est asthmatique ?
Non. Selon Service Public, l’employeur ne peut pas exiger d’informations sur l’état de santé d’un salarié. En outre, le médecin du travail ne lui communique pas ce qu’il recueille en visite. Toutefois, le salarié reste libre d’informer un collègue de confiance.
Une gêne respiratoire au travail relève-t-elle toujours de l’asthme ?
Non, plusieurs situations produisent une gêne respiratoire comparable. Par exemple, une réaction allergique grave, un étouffement ou une intoxication imposent d’autres gestes. C’est pourquoi le secouriste examine la victime avant d’agir, puis décrit précisément les signes au médecin régulateur.
Combien de temps reste valable le certificat SST ?
Le certificat de sauveteur secouriste du travail vaut 24 mois. Ainsi, l’aide-mémoire INRS rappelle qu’une formation de maintien et d’actualisation des compétences s’impose tous les 24 mois. Par ailleurs, la formation initiale dure 14 heures en présentiel, selon l’INRS.
Sources et références : INRS — aide-mémoire Sauvetage secourisme du travail (ED 4085), Assurance Maladie — crise d’asthme, exacerbation, asthme aigu grave, INRS — agents sensibilisants, secteurs et professions concernés, INRS — tableau n° 66 du régime général. Réglementation à jour en août 2025. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


