Visite médicale CACES : ce que le médecin du travail vérifie
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La visite médicale CACES ne porte plus tout à fait le nom que les chantiers lui donnent. En effet, depuis le 1er octobre 2025, le médecin du travail ne rend plus un avis d’aptitude au poste. Désormais, il délivre une attestation d’absence de contre-indication médicale valable cinq ans.
- Le document exigé est une attestation d’absence de contre-indication médicale.
- Sa validité atteint cinq ans, quel que soit l’engin conduit.
- Seul le médecin du travail la délivre, après un examen qu’il réalise lui-même.
- Aucun texte ne fixe la liste des tests : le médecin la bâtit selon le poste.
- En cas de refus, salarié comme employeur saisissent le conseil de prud’hommes.
La visite médicale CACES est-elle vraiment obligatoire ?
Oui, mais sous un autre nom. En effet, aucun texte ne connaît la visite médicale CACES en tant que telle. L’article R. 4323-56 du Code du travail subordonne l’autorisation de conduite à une attestation d’absence de contre-indication médicale. Cette attestation suppose un examen réalisé par le médecin du travail. Ainsi, l’obligation vise la conduite, jamais le certificat lui-même.
La confusion vient du calendrier des centres de formation. En effet, beaucoup d’organismes réclament le document avant l’épreuve pratique. Cette exigence tient au déroulé de la journée : le candidat prend les commandes d’une machine réelle. De ce fait, l’examen médical précède souvent la session, sans que la réglementation l’impose à ce stade précis.
Le CACES®, ou certificat d’aptitude à la conduite en sécurité, valide connaissances et savoir-faire.
Autrement dit, il ne dit rien de l’état de santé du conducteur.
Ce dispositif repose sur les recommandations de la CNAM, applicables depuis le 1er janvier 2020. Pour situer chaque pièce du puzzle, notre guide complet des référentiels de conduite en sécurité détaille catégories, prix et durées.
Pourquoi le vocabulaire a-t-il changé au 1er octobre 2025 ?
Le décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 a réécrit l’article R. 4323-56 du Code du travail. Depuis son entrée en vigueur, la mention d’aptitude médicale n’est plus exacte, remplacée par une attestation d’absence de contre-indication médicale. Ce texte retire également les conducteurs du suivi individuel renforcé. Ainsi, l’avis porte sur une activité, et non plus sur un poste de travail.
Ce déplacement produit une conséquence pratique immédiate. Puisque l’attestation vise la conduite d’engins, elle suit le salarié qui change d’entreprise. En revanche, l’ancien avis valait pour un poste précis, chez un employeur précis. De ce fait, la portabilité constitue le vrai gain du nouveau régime.
Le suivi de santé de droit commun reprend alors ses droits. Concrètement, la visite d’information et de prévention se renouvelle selon une périodicité qui ne dépasse pas cinq ans. Notre article sur ce qui a basculé le 1er octobre 2025 déroule chaque étape côté employeur.
Quelles conditions l’employeur réunit-il avant de signer ?
L’article 3 de l’arrêté du 26 septembre 2025 fixe les éléments de l’évaluation menée par le chef d’établissement. Celui-ci vérifie une attestation en cours de validité, un contrôle des connaissances et du savoir-faire, puis une connaissance des lieux et des instructions du site. Ensuite seulement, il délivre l’autorisation de conduite.
Deux arrêtés du 26 septembre 2025 se répondent : l’un porte sur la formation, l’autre fixe le modèle d’attestation. Le premier a remplacé l’arrêté du 2 décembre 1998, abrogé à la même date. Son article 2 énumère six familles d’équipements, et six seulement :
- les grues à tour ;
- les grues mobiles ;
- les grues auxiliaires de chargement de véhicules ;
- les chariots automoteurs de manutention à conducteur porté ;
- les plates-formes élévatrices mobiles de personnes ;
- les engins de chantier télécommandés ou à conducteur porté.
Cette liste est fermée. Ainsi, un équipement absent de ces six familles sort du régime de l’autorisation de conduite, quelle que soit sa taille.
| Élément vérifié | Qui le produit | Preuve conservée |
|---|---|---|
| Absence de contre-indication médicale | Médecin du travail | Attestation valable cinq ans |
| Connaissances et savoir-faire de conduite | Organisme testeur habilité | Certificat CACES® |
| Connaissance des lieux et des instructions | Employeur ou entreprise utilisatrice | Accueil au poste et consignes de site |
Ces trois briques ne se remplacent jamais l’une l’autre. Par exemple, un certificat valide ne compense pas une attestation périmée. Notre analyse des pièces exigées pour délivrer une autorisation de conduite reprend le dossier ligne à ligne.
Que regarde le médecin du travail pendant cet examen médical ?
Aucun texte ne fixe la liste des tests pratiqués. Le médecin du travail bâtit son examen à partir des risques du poste décrits par l’employeur. Il explore notamment la vision, l’équilibre, l’audition, la vigilance et la mobilité. Ensuite, il tranche la seule question posée par le Code du travail : existe-t-il des contre-indications médicales à la conduite ?
| Fonction explorée | Ce que le médecin observe | Enjeu aux commandes |
|---|---|---|
| Vision | Acuité, champ visuel, perception des couleurs | Distances, hauteurs et signalisation du site |
| Équilibre | Vertiges, troubles de l’oreille interne | Montée en cabine et travail en hauteur |
| Audition | Perception des alarmes et des avertisseurs | Danger situé hors du champ visuel |
| Vigilance | Sommeil, fatigue, effets des traitements | Temps de réaction et anticipation |
| Mobilité | Rachis, membres et articulations | Rotation du buste, accès au poste de conduite |
Le dossier transmis au service de prévention et de santé au travail (SPST) pèse donc lourd. En effet, le médecin ignore la nature exacte des engins si personne ne la lui décrit. Par conséquent, une fiche de poste détaillée vaut bien mieux qu’un simple intitulé d’emploi. Notre fiche sur l’attestation qui conditionne l’autorisation de conduite en détaille le contenu.
La vision pèse-t-elle plus lourd que le reste ?
La vision occupe une place centrale, car elle commande l’appréciation des distances et des hauteurs. Le médecin apprécie trois dimensions distinctes : l’acuité, le champ visuel et la perception des couleurs. Toutefois, une correction adaptée règle la grande majorité des situations. Ainsi, le port de lunettes ferme très rarement l’accès à la conduite.
Le champ visuel compte autant que l’acuité elle-même. En effet, un cariste détecte les piétons par sa vision périphérique. En outre, la lecture d’un marquage au sol ou d’un feu de quai suppose une perception fiable des couleurs. De ce fait, ces trois paramètres s’apprécient ensemble, jamais isolément.
Certaines configurations de travail durcissent encore l’exigence. Par exemple, le stockage en allée étroite oblige à contrôler une charge très au-dessus de la cabine. Notre dossier sur le chariot à mât rétractable en allée étroite décrit ces contraintes de visibilité.
Quels traitements peuvent gêner la conduite d’un engin ?
Certains médicaments allongent le temps de réaction ou abaissent la vigilance. Le médecin du travail évalue donc l’effet réel de chaque traitement au poste de conduite. Par ailleurs, aucune pathologie n’entraîne d’exclusion de principe. Ainsi, un diabète suivi, une épilepsie stabilisée ou une apnée du sommeil traitée s’examinent au cas par cas.
Le salarié conserve un rôle actif dans ce suivi. En effet, il sollicite à tout moment une visite auprès du SPST. Cette démarche reste couverte par le secret médical. De ce fait, signaler un nouveau traitement n’expose aucun diagnostic à l’employeur.
Un incident survenu en cabine change évidemment la donne. Lorsqu’un conducteur perd connaissance sur sa machine, la reprise passe par un nouvel examen. Nos repères sur la conduite à tenir devant un malaise au travail complètent utilement ce point.
Un doute sur un dossier de conduite ? Nos formateurs calent le calendrier des attestations avec vos services RH. Échanger avec notre équipe.
Que se passe-t-il si le médecin refuse l’attestation ?
Le refus n’a rien de définitif. Depuis le 1er octobre 2025, salarié comme employeur saisissent le conseil de prud’hommes selon la procédure accélérée au fond. Le médecin du travail, informé par l’employeur, n’est pas partie au litige. Ensuite, la décision judiciaire tranche la seule question de la contre-indication.
Ce cas de figure reste rare, car le praticien dispose d’autres leviers. Par exemple, il propose des aménagements du poste ou des mesures individuelles. Ces préconisations s’imposent alors à l’employeur, qui les reprend dans l’organisation du travail. Autrement dit, l’écart de santé se traite bien plus souvent par l’adaptation que par l’exclusion.
Combien de temps la visite médicale CACES reste-t-elle valable ?
L’attestation issue de la visite médicale CACES vaut cinq ans. Cette durée ne dépend ni de l’engin, ni de la catégorie, ni de l’employeur. En revanche, le certificat de conduite suit son propre calendrier, plus court pour la plupart des recommandations. Ainsi, deux échéances distinctes cohabitent dans le dossier du salarié.
| Document | Qui le délivre | Validité |
|---|---|---|
| Attestation d’absence de contre-indication médicale | Médecin du travail | 5 ans |
| Autorisation de conduite | Employeur | Aucune durée fixée |
| CACES® R485, R486, R487, R489, R490 | Organisme testeur certifié | 5 ans |
| CACES® R482, engins de chantier | Organisme testeur certifié | 10 ans |
| Visite d’information et de prévention | Service de prévention et de santé au travail | 5 ans au maximum |
Ces calendriers glissent l’un par rapport à l’autre. Par exemple, un cariste détient parfois un certificat encore valable deux ans et une attestation expirée. Dans ce cas, l’autorisation de conduite tombe, même si la compétence reste acquise. C’est pourquoi le suivi des échéances se tient document par document.
Le renouvellement du certificat obéit à sa propre logique. Nos repères sur le renouvellement d’un certificat avant échéance précisent les délais à respecter. Quant à l’autorisation de conduite, aucun texte ne lui fixe de durée de validité.
Comment caler la visite médicale CACES avant votre formation ?
L’organisation tient en quelques étapes simples. L’employeur décrit d’abord au SPST les engins réellement conduits. Ensuite, le médecin convoque le salarié et réalise lui-même l’examen médical. Enfin, il remet deux exemplaires de l’attestation au salarié, qui en transmet un à son employeur.
Le modèle de ce document figure en annexe de l’arrêté du 26 septembre 2025 fixant les modèles d’attestation. Une copie rejoint aussi le dossier médical en santé au travail. En cas de perte, le SPST délivre un duplicata sur simple demande.
- Recensez les équipements — listez les familles d’engins que le salarié conduira réellement sur site.
- Saisissez le service de santé au travail — transmettez la fiche de poste et le calendrier de formation.
- Fixez la visite en amont — visez une date antérieure à l’épreuve pratique, jamais la veille.
- Récupérez les deux exemplaires — le salarié en garde un, l’employeur classe l’autre.
- Datez l’échéance — inscrivez la fin de validité dans votre tableau de suivi des habilitations.
- Signez l’autorisation — une fois le certificat obtenu et l’accueil au poste effectué.
Le travail temporaire mérite une attention particulière. En effet, l’agence et l’entreprise utilisatrice se partagent les rôles. Notre mise au point sur le partage des responsabilités en intérim évite les angles morts habituels.
Que deviennent les avis d’aptitude délivrés avant octobre 2025 ?
Ils restent utilisables. L’article 2 du décret n° 2025-355 prévoit que les avis rendus au titre du suivi individuel renforcé tiennent lieu d’attestation pendant cinq ans à compter de leur délivrance. Ainsi, un avis daté de 2023 couvre la conduite jusqu’en 2028. Passé ce délai, un nouvel examen médical du conducteur s’impose.
Cette souplesse évite un embouteillage dans les services de santé au travail. Toutefois, elle suppose de retrouver la date exacte de chaque avis. De ce fait, un tableau de suivi à jour devient la vraie pièce maîtresse du dossier.
La question se pose souvent lors d’un changement d’entreprise. Puisque l’attestation porte sur l’activité de conduite, elle voyage avec le salarié. Notre article sur le sort du certificat quand on change d’employeur traite le sujet côté compétences.
Une équipe suivie, formée et à jour de ses attestations conduit sans mauvaise surprise.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Qui paie la visite médicale CACES ?
Les dépenses des services de prévention et de santé au travail incombent aux employeurs, selon l’article L. 4622-6 du Code du travail. Par conséquent, aucun frais ne pèse sur le conducteur. Ainsi, le salarié n’avance jamais le coût de cet examen.
Le médecin traitant peut-il délivrer l’attestation ?
Non, car le Code du travail réserve cette délivrance au médecin du travail. En revanche, le médecin traitant transmet les éléments utiles avec l’accord du patient. De ce fait, les deux praticiens interviennent de façon complémentaire, sans se substituer l’un à l’autre.
Faut-il repasser une visite médicale CACES à chaque recyclage ?
Non, puisque les deux calendriers restent indépendants. L’attestation court sur cinq ans à partir de sa date de délivrance. Le recyclage du certificat dépend, lui, de la recommandation concernée. Ainsi, un recyclage ne déclenche pas automatiquement un nouvel examen médical.
Un gerbeur R485 exige-t-il la même attestation ?
Non. Le gerbeur à conducteur accompagnant reste hors des six familles, puisque seuls les chariots à conducteur porté y figurent. Toutefois, la formation prévue à l’article R. 4323-55 demeure obligatoire. En outre, l’employeur peut exiger un avis médical au titre de son évaluation des risques.
Une reprise après arrêt maladie impose-t-elle un nouvel examen ?
Oui, dans quatre cas. En effet, le Code du travail l’impose après un congé de maternité ou une maladie professionnelle. Elle s’impose aussi après trente jours d’arrêt pour accident du travail. Le seuil monte à soixante jours pour une maladie ou un accident non professionnel. Ainsi, le médecin réexamine la compatibilité du poste.
Qui délivre un certificat de conduite opposable ?
Seul un testeur habilité rattaché à un certificateur accrédité produit un titre valable. FORMAFORCE® intervient à ce titre sur les référentiels R482 à R490. En outre, la société est certifiée Qualiopi, AFNOR K-109287 et accréditée COFRAC 4-0001.
Sources et références : Décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 (Légifrance), arrêté du 26 septembre 2025 relatif à la formation à la conduite (Légifrance), Code du travail, article R. 4323-56 (Légifrance), arrêté du 26 septembre 2025 fixant les modèles d’attestation (Légifrance). Réglementation à jour en décembre 2025. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


