Registre unique du personnel : ce que l’inspection vérifie en premier
Sommaire de l’article11 sections
Le registre unique du personnel est presque toujours le premier document réclamé lors d’une visite. En effet, il dit qui travaille dans l’établissement, depuis quand et à quel titre. Ainsi, une ligne manquante oriente aussitôt la suite du contrôle.
- L’article L. 1221-13 impose ce registre dans tout établissement employant des salariés.
- Ensuite, treize mentions par salarié sont fixées par l’article D. 1221-23.
- Ainsi, les stagiaires figurent dans une partie spécifique, dans l’ordre d’arrivée.
- Par ailleurs, les mentions se conservent cinq ans après le départ.
- Enfin, l’amende s’applique autant de fois qu’il y a de personnes concernées.
Qui doit tenir un registre unique du personnel ?
L’article L. 1221-13 du Code du travail est sans nuance. En effet, un registre unique du personnel est tenu dans tout établissement où sont employés des salariés. Ainsi, l’obligation naît dès la première embauche, sans aucun seuil d’effectif. Par ailleurs, le document se tient site par site, jamais globalement au niveau de l’entreprise.
L’article L. 1221-15 désigne ensuite ses destinataires. En effet, le registre est tenu à la disposition du comité social et économique. De même, il l’est pour les agents chargés de contrôler l’application du Code du travail et du code de la sécurité sociale. Ainsi, l’inspection du travail y accède sans formalité préalable.
Quelles mentions obligatoires le registre unique du personnel doit-il porter ?
L’article D. 1221-23 énumère treize mentions pour chaque salarié. En effet, elles couvrent l’identité, l’emploi occupé, la qualification et la nature du contrat. Par ailleurs, l’article L. 1221-13 ajoute trois exigences de forme. Ainsi, les noms et prénoms s’inscrivent dans l’ordre des embauches, au moment de l’embauche et de façon indélébile.
| N° | Mention exigée pour chaque salarié |
|---|---|
| 1 | Nationalité |
| 2 | Date de naissance |
| 3 | Sexe |
| 4 | Emploi |
| 5 | Qualification |
| 6 | Dates d’entrée et de sortie de l’établissement |
| 7 | Date de l’autorisation d’embauche ou de licenciement |
| 8 | Type et numéro du titre valant autorisation de travail |
| 9 | Mention « contrat à durée déterminée » |
| 10 | Mention « salarié temporaire » et coordonnées de l’agence |
| 11 | Mise à disposition par un groupement d’employeurs |
| 12 | Mention « salarié à temps partiel » |
| 13 | Mention « apprenti » ou « contrat de professionnalisation » |
Par ailleurs, une pièce complémentaire s’ajoute pour les travailleurs étrangers. En effet, l’article D. 1221-24 impose d’annexer la copie de leur titre autorisant une activité salariée. Ainsi, cette copie se tient dans l’établissement ou sur chaque chantier distinct.
Où inscrire les stagiaires et les volontaires en service civique ?
L’article L. 1221-13 leur réserve une partie spécifique du registre. Ainsi, leurs noms et prénoms y figurent dans l’ordre d’arrivée, et non dans celui des embauches. En effet, ces personnes ne sont pas titulaires d’un contrat de travail. Par conséquent, mélanger les deux listes constitue une irrégularité immédiatement visible.
L’article D. 1221-23-1 précise le contenu attendu pour chaque stagiaire. Tout d’abord, ses nom et prénoms. Ensuite, les dates de début et de fin de la période de formation en milieu professionnel. Enfin, les nom et prénoms du tuteur ainsi que le lieu de présence du stagiaire.
Que vérifie l’inspection pour les intérimaires et les sous-traitants ?
La mention « salarié temporaire » est le dixième point de l’article D. 1221-23. En outre, elle s’accompagne du nom et de l’adresse de l’entreprise de travail temporaire. Ainsi, l’agent de contrôle relie chaque intérimaire à son employeur juridique. En effet, l’entreprise utilisatrice reste responsable des conditions de travail sur son site.
Par ailleurs, un second document accompagne souvent cette vérification. L’article L. 4154-2 impose une formation renforcée à la sécurité sur les postes à risques particuliers. En particulier, elle concerne les salariés en contrat à durée déterminée, les intérimaires et les stagiaires. En effet, la liste de ces postes est établie après avis du médecin du travail et du comité social et économique. Ainsi, elle est tenue à la disposition de l’agent de contrôle.
Les sous-traitants relèvent d’une autre logique. En effet, l’article D. 1221-23 ne vise ni les salariés d’un prestataire ni ceux d’une entreprise extérieure. Par conséquent, chacun figure au registre de son propre employeur.
Pourquoi les dates d’entrée et de sortie ouvrent-elles le contrôle ?
La sixième mention de l’article D. 1221-23 vise les dates d’entrée et de sortie. En effet, elle sert de repère à toutes les autres vérifications. Ainsi, l’agent croise cette date avec la déclaration préalable à l’embauche et le contrat signé. Par exemple, un écart de quelques jours révèle un défaut de formalité.
Par ailleurs, l’article D. 1221-25 ajoute une exigence de rythme. Il vise les événements postérieurs à l’embauche ou à l’arrivée du stagiaire. En effet, ces mentions sont portées au moment où les faits surviennent.
Autrement dit, une mise à jour trimestrielle ne suffit pas.
Par conséquent, la sortie s’inscrit le jour du départ effectif.
Votre registre est-il prêt pour une visite ? Par ailleurs, nos formateurs interviennent sur site et font le point sur vos documents sécurité en même temps que sur vos habilitations. Parlons de votre établissement.
Combien de temps conserve-t-on les mentions du registre unique du personnel ?
L’article R. 1221-26 fixe la durée de conservation du registre à cinq ans. En effet, ce délai court à compter du départ du salarié ou du stagiaire. Ainsi, chaque ligne suit son propre calendrier. Par conséquent, une purge globale par année civile ferait disparaître des mentions encore exigibles.
Par ailleurs, d’autres pièces obéissent à un régime voisin en santé et sécurité. En effet, l’article D. 4711-3 impose de conserver cinq ans les documents relatifs aux observations et mises en demeure de l’inspection du travail. En outre, ceux des deux derniers contrôles se conservent en tout état de cause. Notre article sur les pièces à garder pour la conduite d’engins complète ce panorama.
Le registre unique du personnel peut-il être dématérialisé ?
D’abord, aucun texte n’impose de forme particulière à ce document. Ainsi, un registre du personnel dématérialisé est parfaitement admis, après consultation du comité social et économique. En effet, l’article D. 1221-27 encadre ce support de substitution. Par conséquent, les exigences des articles D. 8113-2 et D. 8113-3 s’appliquent.
Toutefois, une formalité complémentaire accompagne ce choix. En effet, l’employeur transmet à l’inspection du travail l’avis du comité social et économique prévu à l’article L. 2315-5. Par ailleurs, l’article L. 4711-5 autorise à regrouper dans un document unique des informations figurant dans des registres séparés. Cependant, cette faculté ne dispense d’aucune mention obligatoire.
Quels autres documents le même contrôle réclame-t-il ?
Cependant, la visite dépasse presque toujours le seul registre. En effet, l’agent enchaîne sur les documents de sécurité liés aux postes qu’il observe. Ainsi, les autorisations de conduite, les attestations de formation, les rapports de vérification périodique et le document unique arrivent dans la foulée.
Par exemple, la règle des engins surprend encore beaucoup d’employeurs. En effet, le certificat d’aptitude à la conduite en sécurité n’autorise personne à conduire. Ainsi, seule l’autorisation de conduite délivrée par le chef d’établissement le permet, selon les articles R. 4323-55 et R. 4323-56. Notre synthèse sur les obligations de l’employeur en matière de conduite reprend cette articulation.
En outre, trois éléments fondent cette autorisation. D’abord, l’article 3 de l’arrêté du 26 septembre 2025 exige une attestation valide établissant l’absence de contre-indications médicales à la conduite. Ensuite, il impose un contrôle des connaissances et du savoir-faire de l’opérateur. Enfin, il réclame une connaissance des lieux et des instructions à respecter. Précisons que l’arrêté du 2 décembre 1998 a été abrogé au 1er octobre 2025.
Enfin, deux ressources complètent ce volet. Tout d’abord, notre fiche sur le signataire de l’autorisation de conduite d’un intérimaire. Ensuite, la liste des documents à sortir le jour J et le contenu attendu du document unique.
Quelles sanctions un registre incomplet expose-t-il ?
En cas de manquement, l’article R. 1227-7 prévoit l’amende des contraventions de la quatrième classe. En effet, elle sanctionne la méconnaissance des articles L. 1221-13, L. 1221-15 et D. 1221-23 à R. 1221-26. Surtout, cette amende est appliquée autant de fois qu’il y a de personnes concernées.
Par ailleurs, le volet sécurité relève d’un autre texte, bien plus lourd. En effet, l’article L. 4741-1 punit d’une amende de 10 000 euros. Elle vise l’employeur qui méconnaît ses obligations par sa faute personnelle. Là encore, l’amende est appliquée autant de fois qu’il y a de travailleurs concernés. En cas de récidive, la peine atteint un an d’emprisonnement et 30 000 euros.
Enfin, l’agent dispose d’un pouvoir immédiat. En effet, l’article L. 4731-1 lui permet de soustraire un travailleur d’un danger grave et imminent. Ainsi, il peut ordonner l’arrêt temporaire de la partie des travaux en cause. Notre point sur la campagne de contrôle en cours jusqu’en janvier 2027 précise les cibles retenues.
Comment se mettre en conformité avant le prochain contrôle ?
Toutefois, la remise à niveau tient souvent en une demi-journée. En effet, la difficulté vient rarement du texte, mais de la dispersion des informations. Ainsi, la paie détient les dates, les ressources humaines les contrats et l’encadrement les habilitations. Par conséquent, la première étape consiste à réunir ces trois sources.
- Recenser — lister chaque personne présente, salariée, temporaire ou stagiaire.
- Ordonner — rétablir l’ordre des embauches et la partie réservée aux stagiaires.
- Compléter — vérifier les treize mentions obligatoires du registre, ligne par ligne.
- Dater — renseigner les sorties manquantes et fixer les échéances de conservation.
- Annexer — joindre les copies de titres et les déclarations de détachement.
- Croiser — rapprocher le registre des autorisations de conduite et des attestations.
Par ailleurs, le volet formation se finance par les dispositifs employeur. En effet, votre OPCO de branche intervient au titre du plan de développement des compétences. Ensuite, France Travail mobilise l’aide individuelle à la formation ou la préparation opérationnelle à l’emploi. Enfin, le conseil régional et les subventions prévention des CARSAT complètent le montage.
Ainsi, un registre à jour et des autorisations signées transforment le contrôle en formalité.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Le registre unique du personnel est-il obligatoire dans une TPE ?
Oui, dès le premier salarié embauché. En effet, l’article L. 1221-13 ne prévoit aucun seuil d’effectif. Ainsi, un artisan employant une seule personne ouvre son registre le jour de l’embauche. Toutefois, les associations recourant au chèque-emploi associatif en sont dispensées.
Qui peut consulter le registre du personnel ?
En effet, l’article L. 1221-15 vise le comité social et économique. De même, les agents chargés de contrôler l’application du Code du travail et du code de la sécurité sociale y accèdent. Ainsi, l’inspection du travail et les agents de l’Urssaf en font partie.
Faut-il un registre unique du personnel par établissement ?
Oui, car le texte raisonne établissement par établissement. Ainsi, une entreprise multi-sites tient autant de registres que de lieux de travail. En revanche, l’article L. 4711-5 autorise à regrouper certaines informations dans un document unique. Cette faculté joue lorsqu’elle facilite leur consultation.
Un intérimaire figure-t-il au registre de l’entreprise utilisatrice ?
Oui, puisque l’article D. 1221-23 impose la mention « salarié temporaire ». En outre, le nom et l’adresse de l’entreprise de travail temporaire l’accompagnent. Ainsi, l’agent identifie l’employeur juridique en un coup d’œil. Toutefois, l’agence conserve de son côté son propre registre.
Combien de temps garder les lignes d’un salarié parti ?
Cinq ans, selon l’article R. 1221-26 du Code du travail. En effet, le délai démarre au départ du salarié ou du stagiaire. Ainsi, chaque ligne possède sa propre échéance. Par conséquent, une suppression groupée en fin d’année fait courir un risque.
Peut-on remplacer le registre papier par un logiciel de paie ?
Oui, dans la mesure où l’article D. 1221-27 est respecté. En effet, les exigences des articles D. 8113-2 et D. 8113-3 s’appliquent au support de substitution. Par ailleurs, l’employeur transmet à l’inspection du travail l’avis du comité social et économique.
Sources et références : Code du travail, article L. 1221-13, article D. 1221-23, article R. 1221-26, service-public.fr, registre unique du personnel, arrêté du 26 septembre 2025 (Légifrance). Réglementation à jour en août 2026. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


