Crise d’épilepsie au travail : protéger pendant, surveiller après, organiser la reprise
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Une crise d’épilepsie au travail impressionne les témoins et déclenche souvent les deux gestes à proscrire. En effet, retenir la victime ou lui ouvrir la bouche aggrave la scène au lieu de la soulager. Toutefois, la conduite à tenir tient en quelques réflexes simples. Voici ce qui se joue pendant les secousses, juste après, puis dans les jours suivants.
- Pendant les secousses, le secouriste écarte les objets et protège la tête.
- Ainsi, rien n’entre dans la bouche : ni doigt, ni objet, ni boisson.
- Toutefois, aucune contention ne freine les mouvements de la victime.
- Une crise qui dépasse cinq minutes définit un état de mal épileptique.
- Enfin, le certificat SST dure 24 mois et la formation initiale 14 heures.
Comment reconnaître une crise d’épilepsie au travail ?
Une crise d’épilepsie au travail se reconnaît à une perte de connaissance brutale, suivie d’une raideur puis de secousses rythmiques des membres. En effet, la victime chute sans réflexe de protection et ne répond à aucune sollicitation. Ainsi, la respiration s’interrompt quelques secondes et le visage se colore. Enfin, une morsure de langue ou une perte d’urine accompagne fréquemment l’épisode.
Le témoin retient surtout la brutalité de la scène. Toutefois, deux éléments orientent immédiatement le secouriste : la chute sans protection et l’absence totale de réponse. Par conséquent, aucune hésitation n’est permise sur la gravité apparente. Notre fiche sur le malaise et la perte de connaissance au travail détaille cet examen initial.
La durée frappe également les esprits. En effet, la phase de secousses dure le plus souvent une à trois minutes, alors qu’elle paraît interminable. De ce fait, le secouriste note l’heure exacte du début, donnée qui orientera le médecin régulateur.
Quelles sont les trois phases d’une crise convulsive généralisée ?
Une crise convulsive généralisée se déroule en trois temps distincts. D’abord, la phase tonique raidit tout le corps pendant quelques dizaines de secondes, avec arrêt respiratoire. Ensuite, la phase clonique produit des secousses régulières des quatre membres. Enfin, la phase résolutive laisse la victime inconsciente, la respiration bruyante et les muscles relâchés.
Chaque temps appelle une attitude différente. Ainsi, la phase tonique ne laisse aucun geste possible : le secouriste dégage l’espace. Enfin, la phase résolutive ouvre la séquence classique de l’examen d’une victime qui ne répond pas.
| Phase | Ce que voit le témoin | Ce que fait le secouriste |
|---|---|---|
| Tonique | Chute, corps raide, arrêt respiratoire bref | Écarter objets et mobilier |
| Clonique | Secousses rythmiques des quatre membres | Protéger la tête, noter l’heure |
| Résolutive | Relâchement, respiration bruyante, absence de réponse | Examiner, libérer les voies aériennes |
| Réveil confus | Confusion, amnésie, parfois agitation | Rassurer sans contraindre |
Que fait le sauveteur secouriste pendant les secousses ?
Face à une crise d’épilepsie au travail, le secouriste protège l’environnement, jamais le corps lui-même. Ainsi, il écarte outils, tabourets, chariots et angles durs autour de la victime. Ensuite, il glisse un vêtement plié sous la tête pour amortir les chocs. Toutefois, il ne retient ni les bras, ni les jambes, ni la mâchoire.
La suppression du danger passe avant tout contact. En effet, une machine en marche, un engin ou une circulation d’atelier menacent autant que la crise elle-même. Par conséquent, l’arrêt d’urgence de l’équipement précède l’approche. Notre article sur le plan d’intervention en quatre temps du secouriste reprend cette logique.
Pourquoi ne faut-il rien mettre dans la bouche ?
Introduire un objet entre les dents ne protège de rien et blesse gravement. En effet, la mâchoire se contracte avec une force considérable dès la phase tonique. Par conséquent, un doigt, un stylo ou une cuillère se brise ou provoque une plaie. Ainsi, personne n’avale sa langue : cette croyance ancienne n’a aucun fondement anatomique.
La contention repose sur la même erreur. En effet, bloquer un membre en pleine secousse expose à une luxation d’épaule. Toutefois, le secouriste peut accompagner la tête. Notre guide sur la suspicion de fracture explique ce principe.
Devant une crise d’épilepsie au travail, trois autres réflexes courants nuisent également. D’abord, aucune boisson ne se donne tant que la conscience n’est pas revenue. Ensuite, aucun médicament ne s’administre à l’initiative d’un collègue. Enfin, le déplacement de la victime ne se justifie qu’en cas de danger vital immédiat.
Vos équipes sauraient-elles quoi faire lundi matin ? Le geste juste s’apprend en deux jours et se rejoue chaque année en situation. Parlons de votre effectif de secouristes.
Quand appeler le 15 devant une crise convulsive ?
En entreprise, le secouriste alerte le 15 sans attendre la fin des secousses. En effet, le médecin régulateur du SAMU décide seul de la suite à donner. Toutefois, certains éléments rendent l’appel absolument prioritaire : première crise connue, durée supérieure à cinq minutes, épisodes qui s’enchaînent, blessure visible ou absence de réveil.
Le seuil de cinq minutes n’a rien d’arbitraire. Ainsi, une crise convulsive qui se prolonge au-delà, ou qui se répète sans reprise de conscience entre deux épisodes, définit l’état de mal épileptique. En effet, cette situation engage le pronostic vital et relève d’un traitement hospitalier. De ce fait, l’heure de début transmise au régulateur pèse lourd dans sa décision.
Le contenu du message compte autant que sa rapidité. Ainsi, le secouriste annonce la nature de l’événement, l’heure de début, l’état de conscience et la respiration. Ensuite, il précise l’adresse exacte, l’accès et le point de rendez-vous. Notre fiche sur le message d’alerte qui fait gagner des minutes en donne la trame complète.
Certains contextes aggravent mécaniquement la situation. Par exemple, une crise d’épilepsie au travail survenue en hauteur, près d’une machine ou au volant d’un engin transforme un épisode banal en accident grave.
En quoi la phase post-critique est-elle trompeuse ?
La phase post-critique suit immédiatement les secousses et dure de quelques minutes à plus d’une heure. Ainsi, la victime respire bruyamment, ne répond pas, puis se réveille confuse et amnésique. Toutefois, cet état ressemble à un endormissement et rassure à tort. En effet, la victime demeure inconsciente et relève donc de la position latérale de sécurité.
La séquence redevient alors parfaitement standard. D’abord, le secouriste libère les voies aériennes et contrôle la respiration pendant dix secondes. Ensuite, il installe la victime sur le côté, puis la couvre. Notre pas-à-pas sur la victime inconsciente qui respire décrit ce retournement en détail.
Le réveil demande de la patience. En effet, la confusion, les céphalées et les courbatures durent souvent plusieurs heures. Par ailleurs, une agitation transitoire survient parfois, sans agressivité réelle : une parole calme vaut mieux que toute contention.
Toutes les crises convulsives se ressemblent-elles ?
Non, car l’épilepsie recouvre des formes cliniques très différentes. Ainsi, certaines crises focales se limitent à des gestes automatiques, à une rupture de contact brève ou à une sensation étrange. En revanche, la crise convulsive généralisée reste la plus spectaculaire pour l’entourage. Toutefois, une crise focale se généralise parfois secondairement.
Cette diversité a une conséquence pratique en atelier. En effet, une crise d’épilepsie au travail ne se traduit pas toujours par des convulsions visibles. Ainsi, une rupture de contact de quelques secondes passe pour de l’inattention devant une presse, tout en exposant aux mêmes risques mécaniques.
Un rappel s’impose sur le rôle du secouriste. En effet, il ne pose aucun diagnostic, car d’autres causes produisent des secousses, notamment une syncope. Par conséquent, sa mission reste d’alerter et d’appliquer les gestes de son référentiel.
Après une crise d’épilepsie au travail, quand reprendre le poste ?
Aucune reprise immédiate ne se justifie après une crise d’épilepsie au travail. En effet, la fatigue, la confusion et les courbatures persistent plusieurs heures. Ainsi, la victime quitte son poste et rentre accompagnée, jamais au volant. Toutefois, le médecin décide seul du moment et des conditions du retour.
Le circuit médical se déclenche ensuite. Ainsi, le service de prévention et de santé au travail organise une visite, à la demande du salarié, de l’employeur ou du médecin lui-même. En effet, cette consultation débouche sur des préconisations écrites : l’employeur reçoit des mesures à appliquer, jamais un dossier médical.
La qualification de l’événement mérite aussi d’être traitée. En effet, un malaise survenu au temps et au lieu de travail bénéficie d’une présomption d’imputabilité. Notre article sur la déclaration d’accident du travail par l’employeur précise les délais.
Quelles obligations pèsent sur l’employeur d’un salarié épileptique ?
L’employeur ignore le diagnostic de ses salariés et n’a aucun droit de le demander. Toutefois, il applique les préconisations du médecin du travail. Ainsi, l’évaluation des risques consignée dans le document unique intègre les postes réellement exposés. Enfin, la présence de secouristes formés relève de la même obligation.
Le salarié reste libre de sa parole. En effet, informer son encadrement relève d’un choix personnel, jamais d’une obligation légale. Cependant, beaucoup en parlent au médecin du travail, qui traduit ensuite en mesures concrètes.
Trois leviers concrets se combinent utilement. D’abord, l’aménagement écarte les situations où une perte de connaissance devient critique. Ensuite, le matériel de premiers secours reste défini par le médecin du travail, conformément à l’article R4224-14 du Code du travail. Notre guide sur le document unique appliqué à la conduite d’engins montre comment tracer ces mesures.
Le dimensionnement du dispositif reste enfin une question ouverte. Cependant, l’article R4224-15 impose un salarié formé dans les ateliers où s’effectuent des travaux dangereux. Notre analyse sur le nombre de secouristes nécessaire dans une entreprise détaille ce calcul.
L’épilepsie ferme-t-elle l’accès à la conduite d’engins ?
Non, mais l’aptitude à la conduite d’engins s’apprécie individuellement, jamais par principe. En effet, l’autorisation de conduite délivrée par l’employeur repose sur trois conditions cumulatives. Ainsi, la première est désormais une attestation en cours de validité d’absence de contre-indication médicale, valable cinq ans. Toutefois, seul le médecin du travail établit ce document.
Le cadre réglementaire a changé récemment. Ainsi, les articles R4323-55 et R4323-56 du Code du travail imposent cette autorisation pour les équipements mobiles automoteurs et de levage. Cependant, le détail des conditions figure à l’article 3 de l’arrêté du 26 septembre 2025, qui a remplacé le texte de 1998. En effet, le décret 2025-355 a également fixé la durée de validité de cette attestation.
Les deux autres conditions restent inchangées. D’abord, le conducteur prouve ses connaissances et son savoir-faire, ce que le CACES atteste. Ensuite, il connaît les lieux et les instructions de l’entreprise. Par ailleurs, ce certificat vaut cinq ans, sauf le R482 des engins de chantier porté à dix ans. Notre article sur le volet médical de l’autorisation de conduite traite ce point en profondeur.
Quelle procédure appliquer, dans quel ordre ?
Une crise d’épilepsie au travail se traite en sept étapes, de la mise en sécurité jusqu’à la transmission aux secours. Ainsi, l’ordre compte autant que le contenu de chaque geste. En effet, la protection précède toujours l’examen. Par conséquent, aucune étape ne se saute, même sous la pression des témoins.
- Supprimer le danger — d’abord, arrêtez la machine et écartez tout ce qui peut blesser.
- Noter l’heure — ensuite, relevez le moment précis du début des secousses.
- Protéger la tête — ainsi, glissez un vêtement plié dessous, sans retenir les membres.
- Alerter le 15 — puis, transmettez nature, heure, conscience, respiration et adresse.
- Examiner après les secousses — en effet, libérez les voies aériennes et contrôlez la respiration.
- Installer sur le côté — par conséquent, mettez la victime en position latérale de sécurité, puis couvrez-la.
- Transmettre aux secours — enfin, décrivez le déroulé complet à l’équipe qui prend le relais.
FORMAFORCE® by EGS forme au sauvetage secourisme du travail, en centre ou sur votre site. Ainsi, la formation SST dure 2 jours, soit 14 heures, à partir de 150 €, et le certificat vaut 24 mois. En outre, l’organisme est certifié Qualiopi et testeur habilité INRS, avec les accréditations AFNOR K-109287 et COFRAC 4-0001. Enfin, le financement passe par votre OPCO, par France Travail ou par le plan de développement des compétences, jamais par le CPF.
Une crise dure trois minutes ; l’absence de secouriste formé, elle, se paie bien plus longtemps.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Une crise d’épilepsie au travail est-elle un accident du travail ?
Un malaise survenu au temps et au lieu de travail bénéficie d’une présomption d’imputabilité. Ainsi, l’employeur déclare l’événement à la caisse primaire, même si la cause paraît personnelle. Ensuite, la caisse instruit et tranche. En effet, la déclaration ne vaut pas reconnaissance automatique.
Faut-il donner à boire juste après les secousses ?
Non, aucune boisson ne se donne tant que la conscience n’est pas pleinement revenue. En effet, le risque de fausse route reste élevé pendant toute la phase post-critique. Ainsi, le secouriste attend la reprise complète du contact, puis l’accord des secours.
Un salarié épileptique doit-il informer son employeur ?
Aucune obligation légale ne l’impose, car le diagnostic relève du secret médical. Toutefois, en parler au médecin du travail permet des aménagements adaptés. Ainsi, le médecin transmet des préconisations à l’employeur sans jamais nommer la pathologie.
Combien de temps dure une crise convulsive généralisée ?
La phase de secousses dure le plus souvent une à trois minutes. Cependant, la phase post-critique se prolonge de quelques minutes à plus d’une heure. Ainsi, au-delà de cinq minutes de convulsions, la situation relève de l’état de mal épileptique.
Le secouriste peut-il administrer un médicament ?
Non, son référentiel ne comporte aucune administration de traitement. En effet, il alerte, protège et applique les gestes appris en formation. Toutefois, il peut aider une victime consciente à prendre son propre traitement prescrit, si elle le demande.
L’épilepsie en entreprise justifie-t-elle un poste aménagé ?
Le médecin du travail seul apprécie cette nécessité, poste par poste. Ainsi, l’aménagement écarte les situations où une perte de connaissance devient dangereuse. Par exemple, le travail en hauteur, la conduite d’engins ou l’usage de machines mobiles font l’objet d’un examen attentif.
Sources et références : INRS — document de référence du dispositif de sauvetage-secourisme du travail, INRS — organisation des secours en entreprise, INRS — obligations de l’employeur en matière de formation aux premiers secours, Code du travail, article R4224-14 (matériel de premiers secours). Réglementation à jour en août 2026. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


