Coup de chaleur sur chantier : reconnaître et agir en cinq minutes
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Face à un coup de chaleur, le SST dispose de quelques minutes, pas davantage. En effet, cette urgence vitale associe une température interne supérieure à 39 °C et des troubles du comportement. Ainsi, l’alerte au 15 et le refroidissement commencent avant l’arrivée des secours. Par ailleurs, le décret du 27 mai 2025 impose désormais des mesures écrites à l’employeur.
- Selon l’INRS, une température interne supérieure à 39 °C et des troubles neurologiques signent le coup de chaleur.
- Le refroidissement démarre immédiatement, sans attendre les secours appelés au 15 ou au 112.
- Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 crée les articles R4463-1 à R4463-8 du Code du travail.
- Un épisode de chaleur intense correspond à la vigilance jaune, orange ou rouge de Météo-France.
- Le certificat SST vaut 24 mois ; la formation initiale dure 14 h, à partir de 150 €.
Quels signes doivent alerter sur un chantier ?
Le coup de chaleur est une hyperthermie grave, caractérisée par une température interne supérieure à 39 °C et par une atteinte neurologique. Selon l’INRS, la peau devient sèche, rouge et chaude, tandis que la transpiration s’arrête. La victime tient des propos confus, adopte un comportement étrange, délire parfois. Le pouls et la respiration s’accélèrent.
Ces signes n’apparaissent jamais tous ensemble. En effet, l’INRS précise que l’absence de certains d’entre eux n’élimine pas le diagnostic. Ainsi, le SST confronté à un coup de chaleur raisonne sur un faisceau d’indices, jamais sur une certitude. Maux de tête, nausées et vertiges annoncent souvent la bascule. Notre article sur le malaise et la perte de connaissance au travail décrit la même chaîne de vigilance.
Épuisement dû à la chaleur ou coup de chaleur au travail ?
L’épuisement dû à la chaleur constitue un niveau de gravité inférieur. Selon la graduation publiée par l’INRS, il associe une forte transpiration, de la fatigue, des céphalées et des nausées, avec une température centrale restant sous 40 °C. Le coup de chaleur, lui, dépasse 40,6 °C et s’accompagne de troubles neurologiques.
Cette frontière n’a rien d’académique. En effet, elle sépare une victime qu’un repos au frais soulage d’une victime qui peut mourir. C’est pourquoi le sauveteur secouriste du travail observe d’abord la conscience et le comportement, avant la sueur.
| Niveau (INRS) | Manifestations | Conduite immédiate |
|---|---|---|
| 1 — Atteintes cutanées | Rougeurs, douleurs, œdème, vésicules, fièvre, céphalées | Mise à l’ombre et surveillance |
| 2 — Crampes et syncope | Spasmes douloureux des jambes et de l’abdomen, perte de connaissance brève | Repos au frais, hydratation, avis médical |
| 3 — Épuisement, déshydratation | Forte transpiration, fatigue, céphalées, nausées, température sous 40 °C | Arrêt de l’activité et refroidissement |
| 4 — Coup de chaleur | Plus de 40,6 °C, confusion, délire, convulsions, coma possible | Alerte au 15 ou au 112 sans délai |
Que fait le SST devant un coup de chaleur ?
Le SST devant un coup de chaleur enchaîne trois actions : soustraire la victime à la chaleur, alerter les secours, refroidir sans interruption. Selon l’INRS, l’appel part vers le SAMU au 15 ou vers le 112, puis le refroidissement commence aussitôt. Enfin, la surveillance se poursuit jusqu’à la relève médicale.
- Arrêter l’activité — interrompez la tâche et écartez la victime de la zone exposée.
- Mettre à l’abri — installez-la à l’ombre ou dans un local frais et aéré, sous un ventilateur si possible.
- Alerter — appelez le 15 ou le 112 et annoncez une suspicion de coup de chaleur.
- Déshabiller — retirez les vêtements de travail et les équipements qui retiennent la chaleur.
- Refroidir — versez de l’eau froide sur le corps et ventilez la victime en continu.
- Cibler les plis — placez si possible des sacs de glace enveloppés d’un linge aux aisselles, à l’aine et au cou.
- Faire boire — proposez de l’eau fraîche par petites gorgées, uniquement si la conscience reste parfaite.
- Surveiller — en cas de perte de connaissance, installez la victime en position latérale de sécurité.
Cette dernière étape mérite une précision. Selon l’INRS, tout geste supplémentaire relève alors de l’avis médical. Notre fiche sur la position latérale de sécurité pas à pas détaille le placement correct.
Pourquoi les cinq premières minutes comptent-elles autant ?
Le pronostic dépend de la vitesse à laquelle la température interne redescend. L’INRS classe cette atteinte parmi les urgences vitales et décrit un décès possible par défaillance de la thermorégulation. Ainsi, le SST engage le refroidissement dès qu’il suspecte un coup de chaleur, sans attendre le véhicule de secours.
Les chiffres publics restent rares, mais parlants. Selon le bulletin chaleur et santé de Santé publique France pour l’été 2025, repris par l’INRS, neuf signalements d’accidents du travail mortels possiblement liés à la chaleur ont été recensés. Six concernaient la construction, les travaux ou l’agriculture. De ce fait, la surveillance mutuelle entre collègues vaut autant que le matériel de refroidissement.
Quelles erreurs aggravent l’état de la victime ?
Trois réflexes spontanés se révèlent contre-productifs devant une hyperthermie au travail. D’abord, faire boire une personne somnolente expose à une fausse route. Ensuite, quitter la victime pour chercher de l’aide retarde le refroidissement. Enfin, mettre la confusion sur le compte de la fatigue fait perdre les minutes décisives.
Une quatrième erreur revient souvent sur les chantiers : poser de la glace nue directement sur la peau. Selon l’INRS, les sacs de glace s’enveloppent d’un linge avant toute application aux plis.
Autrement dit, le froid brutal ne remplace pas l’aspersion continue.
Toutefois, ces automatismes reviennent sous le stress, si bien que les mises en situation répétées restent la seule parade solide.
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Quel message passer au 15 ou au 112 ?
L’appel utile tient en quatre éléments : le lieu précis, le nombre de victimes, les signes observés, les gestes déjà engagés. Le 15 joint le SAMU, tandis que le 112 fonctionne partout en Europe. Sur le terrain, le SST annonce explicitement une suspicion de coup de chaleur, ce qui oriente la réponse médicale plus vite qu’un simple « malaise ».
Sur un chantier, la localisation pose le vrai problème. En effet, une adresse postale ne suffit pas devant un linéaire de voirie ou une plateforme sans numéro. Par conséquent, préparez un point de rendez-vous identifiable et désignez une personne chargée de guider les secours. Alerter les secours ne se limite donc pas à composer un numéro. Notre guide sur le message d’alerte qui fait gagner des minutes propose une trame réutilisable.
Que change le décret du 27 mai 2025 pour l’employeur ?
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 crée un chapitre consacré à la prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense. Publié au Journal officiel du 1er juin 2025, il s’applique depuis le 1er juillet 2025 et introduit les articles R4463-1 à R4463-8 du Code du travail. Désormais, l’employeur évalue ce risque en intérieur comme en extérieur.
L’arrêté du même jour fixe la définition opérationnelle. Un épisode de chaleur intense correspond aux seuils de vigilance canicule jaune, orange ou rouge de Météo-France. En revanche, les périodes de canicule ouvrant droit au chômage-intempéries du BTP visent la seule vigilance orange ou rouge. Notre article sur le chômage intempéries et l’arrêt du chantier détaille ce mécanisme.
L’article R4463-6 intéresse directement le secourisme. Selon ce texte, l’employeur définit les modalités de signalement de tout indice physiologique préoccupant, de toute situation de malaise ou de détresse. Il fixe aussi les modalités permettant de porter secours dans les meilleurs délais, en particulier aux travailleurs isolés ou éloignés. Ces modalités sont portées à la connaissance des travailleurs, puis communiquées au service de prévention et de santé au travail.
En résumé, les obligations de l’employeur pendant les fortes chaleurs se lisent désormais dans un texte dédié. Ainsi, l’article R4463-5 impose d’adapter les mesures pour un travailleur vulnérable du fait de son âge ou de son état de santé. Notre dossier sur les obligations de l’employeur pendant un épisode de chaleur applique ces règles à la conduite d’engins.
Quelle quantité d’eau l’employeur doit-il fournir ?
L’article R4463-4 du Code du travail impose de fournir une quantité d’eau potable fraîche suffisante pendant un épisode de chaleur intense. Il exige aussi un moyen de maintenir cette eau au frais toute la journée, à proximité des postes, notamment en extérieur. Aucun volume unique ne vaut donc pour toutes les situations de travail.
Le bâtiment obéit à une règle chiffrée distincte. Selon l’article R4534-143, l’employeur met à disposition de l’eau potable et fraîche ; lorsqu’il est impossible d’installer l’eau courante, la quantité atteint au moins trois litres par jour et par travailleur. Attention toutefois : ce volume constitue un plancher pour les chantiers non raccordés, pas une norme universelle. En effet, l’article R4463-3 cite expressément l’augmentation de l’eau potable fraîche parmi les mesures à prendre.
Comment prévenir le coup de chaleur sur un chantier ?
La prévention combine organisation du travail, protection collective et information. L’article R4463-3 du Code du travail énumère les leviers : adaptation des horaires, périodes de repos, protection contre le rayonnement solaire, eau fraîche, équipements adaptés, équipements de protection individuelle, information et formation des salariés. Le document unique consigne ensuite l’évaluation et le plan d’actions.
Aucun seuil réglementaire d’arrêt n’existe pourtant. L’INRS avance deux repères indicatifs : 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail physique. Cependant, l’institut rappelle qu’une situation reste dangereuse sous 28 °C et maîtrisable au-delà de 30 °C, car l’humidité, le rayonnement et la tenue de travail pèsent lourd.
Une mesure organisationnelle ressort particulièrement. Selon l’INRS, éviter le travail isolé favorise la surveillance mutuelle des salariés. Notre article sur le secouriste comme acteur de la prévention montre comment nourrir le document unique à partir du terrain.
Qui court le plus de risques pendant les fortes chaleurs ?
Certains travailleurs supportent moins bien une exposition prolongée. L’INRS cite l’acclimatation, les antécédents médicaux et les traitements en cours parmi les facteurs individuels. S’y ajoutent la charge physique, la tenue de travail et le rayonnement solaire direct. Quant au Code du travail, il vise la vulnérabilité liée à l’âge ou à l’état de santé.
Les nouveaux arrivants figurent en tête de liste. En effet, un intérimaire arrivé la veille n’a pas eu le temps de s’acclimater. De même, une combinaison étanche empêche l’évaporation de la sueur, donc bloque le refroidissement naturel. C’est pourquoi le choix des équipements figure lui aussi parmi les mesures listées par l’article R4463-3.
Comment former ses équipes au coup de chaleur au travail ?
La formation SST dure 14 heures sur deux jours et le certificat vaut 24 mois. Le maintien et l’actualisation des compétences, ou MAC, se passe avant la date de fin de validité. Chez FORMAFORCE®, cette session se tient en centre ou directement sur votre base vie, à partir de 150 €.
Le Code du travail encadre par ailleurs la présence de secouristes. Selon l’article R4224-15, un membre du personnel reçoit la formation de secouriste dans tout atelier où s’effectuent des travaux dangereux. La même exigence vise les chantiers occupant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours. Notre analyse du nombre de secouristes à prévoir dans une entreprise précise ce calcul.
Anticipez enfin les échéances, car un certificat périmé prive l’équipe d’un sauveteur au pire moment. Notre article sur le recyclage SST et le renouvellement du certificat explique comment tenir ce calendrier. Pour le détail du programme, consultez notre page formation de sauveteur secouriste du travail.
Préparez vos équipes avant le prochain pic de chaleur, pas après le premier malaise.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Un coup de chaleur au travail est-il un accident du travail ?
Un malaise survenu au temps et au lieu de travail bénéficie de la présomption d’imputabilité prévue par le Code de la sécurité sociale. En conséquence, l’employeur déclare l’événement à la caisse primaire, qui instruit ensuite le dossier. La qualification finale revient à la caisse.
Faut-il faire boire une victime en hyperthermie ?
Seulement si elle reste parfaitement consciente et capable de déglutir. Selon l’INRS, on lui propose alors de l’eau fraîche par petites gorgées. En revanche, toute personne somnolente ou confuse ne doit rien avaler. Ainsi, le refroidissement externe prime toujours sur l’hydratation.
Le SST peut-il utiliser de la glace contre un coup de chaleur ?
Oui, mais jamais au contact direct de la peau. L’INRS décrit des sacs de glace enveloppés d’un linge, placés aux aisselles, à l’aine ou au cou. Cependant, l’aspersion d’eau froide et la ventilation continue restent la base du refroidissement.
Existe-t-il une température au-delà de laquelle on arrête le chantier ?
Le Code du travail ne fixe aucun seuil chiffré d’arrêt d’activité. Toutefois, l’employeur adapte son organisation dès la vigilance jaune de Météo-France, puisque ce niveau caractérise déjà un épisode de chaleur intense. La décision se prend donc au cas par cas.
Le certificat SST couvre-t-il le coup de chaleur sur chantier ?
Le dispositif de sauvetage et de secourisme du travail, porté par l’INRS et l’Assurance Maladie – Risques professionnels, prépare à examiner, alerter et secourir toute victime. De ce fait, la conduite à tenir devant une personne qui se plaint de signes anormaux entre bien dans le champ de la formation.
Qui doit alerter les secours sur un chantier ?
Tout témoin peut appeler le 15 ou le 112. Cela dit, l’article R4463-6 du Code du travail impose à l’employeur de définir les modalités de signalement et de secours, puis de les porter à la connaissance des travailleurs. Ces modalités désignent donc les rôles à l’avance.
Sources et références : INRS — chaleur, effets sur la santé et accidents, INRS — travail à la chaleur, décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 (Légifrance), Code du travail, article R4534-143. Réglementation à jour en décembre 2025. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


