Mise à disposition de personnel : qui reste l’employeur pour l’autorisation de conduite ?
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Une mise à disposition de personnel déplace un salarié, pas ses obligations d’employeur. Ainsi, la question de savoir qui signe l’autorisation de conduite se règle avant l’arrivée de l’engin. Cependant, beaucoup de contrats restent muets sur ce point, et le chantier découvre le problème après l’accident. Voici la règle, configuration par configuration.
- Le Code du travail interdit toute opération à but lucratif ayant pour objet exclusif le prêt de main-d’œuvre.
- Ainsi, l’employeur juridique du conducteur délivre l’autorisation de conduite.
- En effet, l’entreprise utilisatrice reste maîtresse des risques de son site.
- Par ailleurs, l’intérim obéit à une règle inverse de celle de la location avec opérateur.
- Enfin, une convention écrite protège les deux entreprises en cas de contrôle.
Qu’est-ce qu’une mise à disposition de personnel ?
Une mise à disposition de personnel est l’opération par laquelle une entreprise confie un salarié à une autre, qui en dirige le travail. Ainsi, le contrat de travail initial subsiste et le salaire reste versé par l’entreprise d’origine. En effet, seul le pouvoir de direction quotidien change de main. Par conséquent, deux employeurs se partagent des responsabilités qu’il faut écrire.
Le vocabulaire du terrain brouille souvent cette réalité. Par exemple, on parle de personnel mis à disposition, de détachement interne ou de renfort. Cependant, la qualification juridique ne dépend pas du mot employé, mais de qui commande réellement.
Trois indices révèlent une véritable mise à disposition. D’abord, le salarié reçoit ses consignes du client. Ensuite, il utilise le matériel du client. Enfin, ses horaires suivent ceux du site d’accueil.
Le prêt de main-d’œuvre à but lucratif est-il interdit ?
Oui, dans son principe. Le Code du travail prohibe toute opération à but lucratif ayant pour objet exclusif le prêt de main-d’œuvre, à l’article L8241-1. Ainsi, facturer une marge sur la seule fourniture de bras constitue une infraction. En effet, cette règle protège le salarié contre la vente de son travail comme une marchandise.
Le mot déterminant tient en deux syllabes : exclusif. En effet, une prestation qui comporte un savoir-faire, un matériel et une obligation de résultat sort du champ de l’interdiction. Ainsi, la frontière se lit dans l’objet réel du contrat, pas dans son intitulé.
Une seconde infraction complète ce dispositif. En effet, le marchandage vise l’opération qui cause un préjudice au salarié ou élude l’application de règles collectives. De ce fait, les deux qualifications se cumulent fréquemment dans un même dossier.
Quelles mises à disposition de personnel restent licites ?
Quatre voies encadrées permettent de mettre un salarié à disposition d’une autre entreprise. Ainsi, le travail temporaire, le groupement d’employeurs, l’entreprise de travail à temps partagé et le prêt à but non lucratif couvrent l’essentiel des besoins. En effet, chacune obéit à son propre formalisme. Par conséquent, le choix se fait avant la mission, jamais après.
Le prêt à but non lucratif mérite une attention particulière. Ainsi, l’entreprise prêteuse ne refacture que les salaires, les charges sociales et les frais professionnels correspondants. En effet, l’article L8241-2 impose une convention de mise à disposition, un avenant au contrat de travail et l’accord du salarié.
| Configuration | Employeur du conducteur | Délivre l’autorisation |
|---|---|---|
| Salarié de l’entreprise | L’entreprise elle-même | L’entreprise |
| Intérimaire | L’agence de travail temporaire | L’entreprise utilisatrice |
| Location sans opérateur | L’entreprise utilisatrice | L’entreprise utilisatrice |
| Location avec opérateur | Le loueur | Le loueur |
| Prêt à but non lucratif | L’entreprise prêteuse | L’entreprise prêteuse |
Louer un engin avec opérateur, est-ce un prêt de main-d’œuvre ?
Non, dès lors que le contrat porte sur une prestation complète et non sur la seule fourniture d’un conducteur. Ainsi, la location d’engin avec opérateur associe une machine, un savoir-faire de conduite et une technicité propre au loueur. En effet, l’objet du contrat n’est alors pas exclusivement le prêt de main-d’œuvre. Par conséquent, l’opération échappe à l’interdiction posée par le Code du travail.
Le risque de requalification demeure pourtant réel. Par exemple, un conducteur facturé à l’heure, intégré à l’équipe du client et recevant ses ordres du chef de chantier ressemble fort à un salarié loué. Ainsi, le juge regarde les faits, pas la facture.
La distinction avec la formule sans conducteur reste structurante. Notre article sur la location d’engin avec ou sans chauffeur détaille la répartition des obligations. Cependant, le présent article traite du statut du conducteur lui-même.
Qui reste l’employeur du personnel mis à disposition ?
L’employeur juridique reste l’entreprise qui a conclu le contrat de travail et qui verse le salaire. Ainsi, le loueur demeure l’employeur de son conducteur, même si celui-ci passe six mois sur le même chantier. En effet, l’entreprise d’accueil exerce seulement une autorité de fait sur l’organisation du travail. Par conséquent, les deux entreprises se partagent la prévention sans se confondre.
Dans toute mise à disposition de personnel, cette répartition commande la suite du raisonnement. Ainsi, l’obligation de former à la conduite pèse sur l’employeur juridique. En revanche, l’information sur les risques propres au site incombe à l’entreprise utilisatrice.
Un cas particulier revient souvent en travaux publics. En effet, un groupement d’employeurs met ses salariés à disposition de ses membres tour à tour. Ainsi, le groupement conserve la qualité d’employeur et les obligations qui l’accompagnent.
Qui signe l’autorisation de conduite ?
L’autorisation de conduite est délivrée par l’employeur du conducteur, à l’issue de trois vérifications prévues à l’article 3 de l’arrêté du 26 septembre 2025. Ainsi, une attestation d’absence de contre-indication médicale, valable 5 ans, en constitue le premier volet. En effet, le contrôle des connaissances et du savoir-faire en forme le deuxième, le CACES en étant le moyen le plus sûr. Par conséquent, la connaissance des lieux et des instructions ferme la série.
Le document reste nominatif et spécifique. Ainsi, il vise une catégorie d’engin précise et un site donné. Notre fiche sur les trois conditions de l’autorisation de conduite en détaille le contenu.
Une conséquence pratique en découle immédiatement. En effet, un changement de site impose une nouvelle vérification du troisième volet. Ainsi, le loueur qui déplace son conducteur d’un chantier à l’autre actualise l’autorisation à chaque fois.
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L’intérim obéit-il à la règle inverse ?
Oui, et c’est la confusion la plus fréquente du secteur. En travail temporaire, l’entreprise utilisatrice délivre l’autorisation de conduite, alors que l’agence reste l’employeur juridique. Ainsi, le Code du travail confie à l’utilisateur les conditions d’exécution du travail, dont la santé et la sécurité. Par conséquent, la logique s’inverse par rapport à la location avec opérateur.
Le partage des pièces suit cette répartition. Ainsi, l’agence fournit le certificat CACES et l’attestation médicale, tandis que l’utilisateur vérifie et signe. Notre article sur l’autorisation de conduite d’un intérimaire reprend cette chaîne.
Un renforcement s’ajoute pour les postes à risques. En effet, un intérimaire affecté à un poste présentant des risques particuliers bénéficie d’une formation renforcée à la sécurité. Ainsi, la conduite d’engins figure très souvent sur cette liste.
Que doit faire l’entreprise utilisatrice à l’accueil ?
L’entreprise utilisatrice accueille le conducteur comme elle accueillerait un nouvel embauché sur ce poste. Ainsi, elle présente les lieux, les circulations, les zones interdites et les consignes d’alerte. En effet, cette information conditionne le troisième volet de l’autorisation de conduite. Par conséquent, elle se trace par écrit, avec une signature.
- Recevoir les pièces — d’abord, le client demande CACES, attestation médicale et autorisation écrite.
- Vérifier l’engin — ensuite, il contrôle le rapport de vérification générale périodique et la notice.
- Faire le tour du site — en effet, circulations, réseaux aériens et zones piétonnes se montrent sur place.
- Remettre les consignes — puis, le plan de circulation et les modalités d’alerte sont transmis.
- Signer le plan de prévention — ainsi, les risques d’interférence sont analysés en commun.
- Tracer l’accueil — enfin, une fiche datée et signée rejoint le dossier de chantier.
Un plan de prévention est-il obligatoire ?
Le plan de prévention devient obligatoire par écrit dès que l’opération atteint 400 heures sur douze mois, ou porte sur des travaux dangereux listés par arrêté. Ainsi, la présence d’un engin conduit par un salarié extérieur relève très souvent de ce régime. En effet, l’inspection commune préalable des lieux en constitue le préalable. Par conséquent, elle réunit les deux entreprises avant le début des travaux.
Le document analyse les risques d’interférence, pas les risques propres à chacun. Ainsi, la coactivité entre engins et piétons occupe une place centrale. Notre guide du plan de prévention et de la coactivité en décrit la structure.
Que risque une mise à disposition de personnel illicite ?
Le prêt de main-d’œuvre illicite expose les dirigeants des deux entreprises à des sanctions pénales, prévues à l’article L8243-1 du Code du travail. Ainsi, la peine encourue atteint deux ans d’emprisonnement et une amende de 30 000 euros pour une personne physique. En effet, les personnes morales encourent des peines complémentaires, dont l’exclusion des marchés publics. Par conséquent, l’enjeu dépasse largement la régularisation administrative.
Un second risque frappe plus vite, et plus souvent. En effet, l’accident d’un conducteur mal encadré ouvre la voie à la reconnaissance d’une faute inexcusable. Ainsi, la responsabilité se partage entre les deux entreprises selon leur rôle réel.
La conduite sans autorisation constitue une infraction distincte. Notre article sur les sanctions de la conduite sans autorisation en détaille les suites. Cependant, les deux manquements se cumulent régulièrement dans un même contrôle.
Quels documents exiger avant la première manœuvre ?
Six pièces suffisent à sécuriser une mise à disposition de personnel sur un chantier. Ainsi, le contrat ou la convention, l’autorisation de conduite, le certificat CACES, l’attestation médicale, le rapport de vérification et la notice de l’engin forment le socle. En effet, aucune de ces pièces ne se demande après le premier accident. Par conséquent, leur remise conditionne l’accès au site.
La vérification de l’engin mérite une mention distincte. Ainsi, la vérification générale périodique reste à la charge du propriétaire, mais le client doit en exiger le rapport. Notre article sur la VGP des engins et appareils de levage rappelle les périodicités applicables.
Le volet médical a changé récemment. En effet, le suivi repose désormais sur une attestation d’absence de contre-indication, valable 5 ans. Notre point sur le suivi médical depuis le décret 2025-355 précise ce nouveau régime.
Qui finance la formation du conducteur ?
La formation à la conduite incombe à l’employeur juridique du salarié. Ainsi, le loueur forme son opérateur, l’agence forme son intérimaire, le groupement forme ses salariés. En effet, l’entreprise utilisatrice complète ce socle par l’information sur les risques de son site. Par conséquent, la facture suit la qualité d’employeur, sauf accord contraire écrit.
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Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Un client peut-il signer l’autorisation d’un conducteur loué ?
Non, pas à la place du loueur. En effet, l’autorisation émane de l’employeur juridique du conducteur. Ainsi, le client vérifie qu’elle existe, la complète par son accueil sécurité, mais ne la délivre pas lui-même.
Le prêt de main-d’œuvre entre filiales est-il autorisé ?
Oui, à condition qu’il reste à but non lucratif. Ainsi, la refacturation se limite aux salaires, charges et frais professionnels. En effet, toute marge transforme l’opération en prêt de main-d’œuvre illicite.
Un groupement d’employeurs délivre-t-il les autorisations ?
Oui, puisqu’il conserve la qualité d’employeur des salariés qu’il met à disposition. Cependant, chaque entreprise adhérente doit informer le salarié des risques de son site. Ainsi, la responsabilité se partage sur le terrain.
Faut-il un avenant au contrat de travail ?
Oui pour le prêt à but non lucratif, qui exige convention, avenant et accord du salarié. En revanche, la location avec opérateur n’en demande aucun, puisque le conducteur exécute son contrat habituel.
Une mise à disposition de personnel dispense-t-elle du plan de prévention ?
Non, jamais. En effet, dès qu’une entreprise extérieure intervient sur votre site, l’inspection commune préalable et l’analyse des risques d’interférence s’imposent. Ainsi, une mise à disposition de personnel reste soumise au plan de prévention selon les seuils applicables.
Le CACES du conducteur suffit-il au client ?
Non, le certificat ne vaut pas autorisation. Ainsi, le client exige aussi l’autorisation de conduite écrite et l’attestation médicale en cours de validité. En effet, ces trois pièces se contrôlent ensemble à l’entrée du site.
Sources et références : Code du travail, article L8241-1, Code du travail, article L8241-2, Code du travail, article L1251-21, Code du travail, article R4323-56. Réglementation à jour en août 2026. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


