Secourir une victime d’électrisation : le geste qui tue le sauveteur
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Face au risque électrique, le SST applique un ordre non négociable : couper d’abord, toucher ensuite. En effet, une victime encore en contact avec un conducteur appartient toujours au circuit. Ainsi, le sauveteur qui se précipite offre au courant un second chemin vers la terre, et double le nombre de blessés.
- Le SST face au risque électrique coupe avant de toucher, sans exception.
- Selon l’INRS, le danger commence dès 5 mA et la fibrillation dès 40 mA.
- Le dégagement d’urgence suppose quatre conditions cumulatives, réunies en même temps.
- L’article R4544-9 réserve les opérations électriques aux travailleurs habilités.
- Certificat SST : 14 h, validité 24 mois, à partir de 150 € chez FORMAFORCE®.
Pourquoi une victime d’électrisation reste-t-elle dangereuse à toucher ?
Une électrisation désigne le passage d’un courant électrique à travers le corps. Tant que l’alimentation demeure établie, la victime fait encore partie du circuit. Toucher sa peau, ses outils ou ses vêtements humides ouvre alors une seconde voie vers la terre. De ce fait, le secouriste se blesse à son tour, sans avoir rien secouru.
Selon l’INRS, le seuil de danger commence très bas, et la fibrillation ventriculaire survient bien avant les intensités que l’on imagine.
| Intensité (courant alternatif) | Effet décrit par l’INRS |
|---|---|
| 0,5 mA | Perception cutanée |
| 5 mA | Secousse électrique, seuil de danger |
| 10 mA | Contracture, impossibilité de lâcher prise |
| 25 mA | Tétanisation des muscles respiratoires |
| 40 mA pendant 5 s | Fibrillation ventriculaire |
Ces valeurs expliquent l’ordre imposé au SST devant un risque électrique. En effet, la gravité ne se lit pas sur la tension affichée. Elle dépend de l’intensité, de la durée et du trajet du courant. Par ailleurs, moins d’une dizaine de travailleurs meurent électrocutés chaque année, selon l’INRS.
Que signifie « protéger » pour le SST face au risque électrique ?
Protéger consiste à agir sans danger pour soi-même, afin d’éviter le sur-accident. L’INRS décrit une logique en trois temps : supprimer le danger, sinon isoler la zone, sinon soustraire la victime. Devant un conducteur sous tension, supprimer le danger revient à couper l’alimentation. Cette action précède donc l’examen, l’alerte et tout geste de secours.
Ce raisonnement ouvre la première des quatre actions du plan d’intervention, devant examiner, alerter et secourir. Notre article sur ces quatre actions détaille l’enchaînement. Toutefois, la protection garde ici une particularité redoutable.
En effet, un conducteur hors tension ressemble trait pour trait à un conducteur alimenté. Aucune odeur ni aucun bruit ne signale le courant. C’est pourquoi le SST confronté à un risque électrique se fie à l’organe de coupure, jamais à l’aspect du matériel.
Comment couper l’alimentation sans devenir la seconde victime ?
Couper l’alimentation revient à séparer l’installation de sa source d’énergie. Le sauveteur actionne l’organe le plus proche : arrêt d’urgence, disjoncteur divisionnaire, interrupteur général ou simple fiche de prise. Ce geste se pratique sans aucun contact avec la victime. Enfin, il s’annonce à voix haute, pour que personne ne réalimente le circuit.
- Repérez l’organe de coupure — arrêt d’urgence, disjoncteur, sectionneur ou prise de l’appareil en cause.
- Coupez sans toucher la victime — le contact avec le blessé attend la disparition de la tension.
- Annoncez la coupure — à voix haute, pour empêcher tout réenclenchement par un collègue.
- Balisez la zone — écartez les témoins et interdisez l’accès à l’appareil concerné.
- Faites alerter les secours — désignez nommément une personne et confirmez qu’elle a appelé.
- Portez secours — examinez la victime, puis pratiquez les premiers secours appris en formation.
La consignation complète va nettement plus loin. Selon l’INRS, elle comporte cinq étapes : séparer, condamner, identifier, vérifier l’absence de tension, puis mettre à la terre et en court-circuit. Cependant, ces étapes relèvent du chargé de consignation, comme le décrit notre article sur la vérification d’absence de tension.
Devant un risque électrique, le SST coupe donc avant tout autre geste. En revanche, il ne condamne rien et ne pose aucun cadenas. Ces opérations attendent le travailleur habilité.
Quand un dégagement d’urgence devient-il légitime ?
Le dégagement d’urgence est une manœuvre exceptionnelle, réservée aux situations où la coupure reste impossible. Selon l’INRS, quatre conditions doivent se réunir : le danger persistant est réel, immédiat, non contrôlable, et il menace la vie de la victime.
Autrement dit, cette manœuvre ne s’improvise jamais par confort.
Enfin, elle s’arrête dès que la victime quitte la zone dangereuse.
Sur un accident d’origine électrique, le dégagement suppose un moyen isolant parfaitement sec. Par exemple, un manche de bois écarte parfois un câble léger. En outre, le sauveteur s’isole du sol. Toutefois, aucun matériel improvisé n’égale la coupure.
Le SST formé au risque électrique connaît ces quatre conditions par cœur. En revanche, devant une ligne aérienne haute tension, aucun dégagement n’est envisageable. Seul l’exploitant du réseau intervient, après consignation de l’ouvrage. Notre article sur la conduite à tenir après une électrisation au travail reprend ces situations une à une.
Le SST doit-il être habilité pour agir sur un risque électrique ?
Le certificat de sauveteur secouriste du travail n’emporte aucune habilitation électrique. L’article R4544-9 du Code du travail réserve aux travailleurs habilités les opérations sur les installations électriques ou dans leur voisinage. Un sauveteur non habilité actionne donc un organe de coupure accessible. Cependant, il n’ouvre aucune armoire et ne vérifie aucune absence de tension.
L’INRS apporte une nuance utile sur la manœuvre d’appareillage. Hors local à risques particuliers, et avec un indice de protection au moins égal à IP2X, une personne avertie et formée à l’appareil manœuvre sans titre. Néanmoins, l’institut conseille d’habiliter ceux qui le font régulièrement.
| Geste sur l’accident | Sauveteur secouriste non habilité | Travailleur habilité |
|---|---|---|
| Actionner un arrêt d’urgence accessible | Oui, sans contact avec la victime | Oui |
| Ouvrir une armoire ou un coffret | Non | Oui, selon le symbole détenu |
| Vérifier l’absence de tension | Non | Oui |
| Examiner et secourir la victime | Oui, c’est sa mission | Seulement s’il est aussi secouriste |
Autrement dit, le SST face au risque électrique agit en profane averti, jamais en électricien. Ainsi, l’habilité sait consigner, tandis que le sauveteur sait secourir. Consultez notre guide des niveaux B0, BS, BR et BC pour situer chaque symbole.
Vos sauveteurs savent-ils couper avant de toucher ? Nos formateurs construisent les mises en situation sur vos propres installations. Parlons de vos scénarios.
Que doit examiner le sauveteur une fois la victime dégagée ?
L’examen suit un ordre fixe, appris en formation : la victime saigne-t-elle, s’étouffe-t-elle, répond-elle, respire-t-elle ? Après une électrisation, le secouriste recherche en outre les points d’entrée et de sortie du courant. Ces marques cutanées paraissent minces, alors que les lésions profondes s’étendent parfois beaucoup plus loin.
Une victime inconsciente qui respire justifie une position latérale de sécurité, décrite dans notre article sur la PLS pas à pas. En revanche, une victime qui ne respire plus impose des compressions thoraciques et un défibrillateur, au titre de la chaîne de survie.
Les brûlures électriques progressent en profondeur, le long du trajet du courant. Par conséquent, la surface visible sous-estime la gravité réelle, comme le rappelle notre article sur les brûlures au travail.
Comment le SST alerte-t-il après une électrisation ?
L’alerte doit transmettre trois éléments : la nature électrique de l’accident, l’état de la coupure et l’adresse précise du site. Le sauveteur compose le 15, le 18 ou le 112, selon la consigne interne. Ensuite, il ne raccroche pas avant l’autorisation du régulateur. Enfin, une personne désignée guide les secours jusqu’au point d’accès.
Face à un accident lié au risque électrique, le SST annonce d’abord cette nature au régulateur. En effet, celui-ci mobilise d’autres moyens s’il sait le circuit encore alimenté. Notre article sur le message d’alerte propose une trame complète.
Une victime consciente peut-elle reprendre son poste ?
Non, aucune reprise de poste ne se décide sur place. Toute personne ayant subi une électrisation relève d’un avis médical, même sans plaie visible. Le courant perturbe parfois le rythme cardiaque sans signe immédiat. C’est pourquoi la victime reste allongée, surveillée, puis confiée aux secours.
La surveillance porte sur la conscience, la respiration et l’aspect général. Par ailleurs, un malaise tardif justifie un nouvel appel au 15. Selon l’INRS, les premières minutes pèsent lourdement sur les chances de survie.
Puis l’analyse des causes nourrit le document unique d’évaluation des risques. Ainsi, le sauveteur contribue à la prévention, bien au-delà des premiers secours.
Quelles obligations l’employeur a-t-il envers ses secouristes ?
L’article R4224-15 du Code du travail impose la présence d’un membre du personnel formé au secourisme. Cette obligation vise chaque atelier où s’accomplissent des travaux dangereux. Elle vise également les chantiers employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours, lorsque de tels travaux s’y déroulent. Enfin, ces salariés ne remplacent pas les infirmiers.
Un SST supplémentaire se justifie donc là où le risque électrique reste permanent. Par exemple, un atelier électrotechnique entre naturellement dans ce champ. Notre article sur le nombre de secouristes à prévoir précise le raisonnement.
Toutefois, aucun quota chiffré ne complète ce minimum. Selon l’article R4224-16, l’employeur prend l’avis du médecin du travail et fixe par écrit la conduite à tenir en cas d’urgence. De ce fait, le dispositif se discute avec le service de prévention et de santé au travail.
Comment former vos équipes au SST et au risque électrique ?
La formation SST dure 14 heures, réparties sur deux jours. Le certificat reste valable 24 mois. Ensuite, un maintien et actualisation des compétences de 7 heures le prolonge. Le réseau Assurance Maladie – Risques professionnels et l’INRS délivrent ce certificat, reconnu sur tout le territoire national.
Chez FORMAFORCE®, la formation SST démarre à 150 € et l’habilitation électrique à 250 €. L’organisme est certifié Qualiopi, testeur habilité INRS pour les référentiels R482 à R490. Il intervient à Saint-Thibault-des-Vignes, à Liévin et sur votre site.
Le financement passe par votre OPCO, par le plan de développement des compétences ou par une aide de France Travail. En revanche, FORMAFORCE ne mobilise pas le CPF. Les subventions prévention de la CARSAT complètent parfois le montage.
Côté électricité, le recyclage intervient environ tous les 3 ans, selon l’INRS et la norme NF C 18-510. Notre article sur le renouvellement du certificat de sauveteur précise les échéances côté secourisme.
Le meilleur sauveteur reste celui qui rentre chez lui le soir.
Demander un devis gratuitQuestions fréquentes
Faut-il un SST dédié au risque électrique dans l’atelier ?
Le Code du travail ne crée pas de certificat spécialisé. En revanche, l’article R4224-15 impose un secouriste dans chaque atelier où s’accomplissent des travaux dangereux. Ainsi, les mises en situation de la formation s’adaptent aux installations réellement présentes.
Peut-on tirer une victime d’électrisation par ses vêtements ?
Ce geste demeure très risqué, car un tissu humide conduit le courant. Par conséquent, la coupure de l’alimentation reste la seule voie sûre. Le dégagement d’urgence n’intervient qu’à défaut, avec un moyen isolant sec et une isolation du sol.
Quels gestes le SST pratique-t-il après une électrisation ?
Le sauveteur examine la conscience, puis la respiration. Ensuite, il installe en position latérale de sécurité une victime inconsciente qui respire. Enfin, il engage les compressions thoraciques et le défibrillateur devant un arrêt cardiaque, puis surveille jusqu’à l’arrivée des secours.
Combien de temps le certificat de sauveteur reste-t-il valable ?
Sa validité atteint 24 mois. Un maintien et actualisation des compétences de 7 heures le prolonge ensuite, avant la date d’échéance. À défaut, le salarié repasse une formation complète de 14 heures pour retrouver un certificat en cours de validité.
Que faire devant un câble tombé au sol ?
Restez à distance et empêchez toute approche des témoins. Puis alertez immédiatement l’exploitant du réseau ainsi que les secours. En effet, la tension d’un conducteur au sol ne se devine pas. Ne tentez donc jamais de déplacer le câble.
La formation SST aborde-t-elle vraiment le risque électrique ?
Oui, la protection et le dégagement d’urgence occupent une place centrale du programme. En outre, un formateur peut bâtir les scénarios sur vos armoires et vos machines. Cependant, cette formation ne remplace jamais une habilitation électrique.
Sources et références : INRS — accidents d’origine électrique, INRS — aide-mémoire SST (ED 4085), Code du travail, article R4544-9, INRS — organisation des secours. Réglementation à jour en novembre 2025. Article rédigé par l’équipe pédagogique FORMAFORCE® by EGS, organisme certifié Qualiopi et testeur habilité INRS.


